En 2023, Reza Pahlavi, en exil aux États-Unis, est encore un quasi-inconnu sur la scène internationale. Mais quand éclate la révolution Femme, Vie, Liberté en Iran, il se rêve en leader de l’opposition au régime des mollahs et commence à rassembler autour de lui.
Un contexte explosif
L’histoire commence en février 2023 à Georgetown University, à Washington, au cœur des réseaux diplomatiques américains, où se croisent chercheurs, politiques et figures de la diaspora. Quelques mois plus tôt, à Téhéran, Mahsa Jina Amini est arrêtée pour « port de vêtements inappropriés » et battue à mort en prison. Le monde entier s’émeut du sort de cette étudiante kurde de 22 ans et s’enflamme pour la révolution Femme, Vie, Liberté.
Le retour d’un héritier
C’est dans ce contexte que Reza Pahlavi réapparaît. L’héritier vit aux États-Unis, en exil depuis la révolution islamique de 1979, qui a renversé son père, Mohammad Reza Shah. Il tente alors de réunir une poignée de figures : la lauréate du prix Nobel de la paix 2003, Shirin Ebadi, l’ex-footballeur Ali Karimi, et d’autres personnalités de l’opposition. Son objectif : incarner une alternative crédible au régime des mollahs.
Jusqu’alors discret, Reza Pahlavi a su capitaliser sur le mécontentement populaire et les manifestations massives. Il multiplie les interventions médiatiques, les rencontres avec des responsables politiques occidentaux et les appels à l’unité de l’opposition. Sa stratégie semble porter ses fruits : il gagne en visibilité et en légitimité, même si de nombreux Iraniens restent sceptiques face à un prince exilé depuis plus de quarante ans.
Cette enquête en trois épisodes explore les soutiens de Reza Pahlavi, une galaxie protéiforme et offensive, et interroge la réalité de son influence sur le terrain iranien. Le premier épisode a dévoilé qui sont ses alliés ; ce deuxième volet raconte comment il a su rebondir et se positionner comme un acteur clé de l’opposition.



