Au Pérou, Keiko Fujimori, candidate à la présidentielle, incarne un mélange d'opportunisme politique et d'héritage autoritaire de son père, Alberto Fujimori. Elle tente de capitaliser sur le nom de son père tout en se distanciant de ses aspects les plus controversés.
Un héritage lourd à porter
Alberto Fujimori, président du Pérou de 1990 à 2000, a laissé un héritage complexe : il est crédité d'avoir vaincu le groupe terroriste Sentier lumineux et stabilisé l'économie, mais il a également dissous le Congrès, réécrit la Constitution et gouverné de manière autoritaire. Condamné pour violations des droits de l'homme et corruption, il reste une figure polarisante.
Keiko Fujimori, sa fille, a été candidate à la présidence en 2011, 2016 et 2021. Elle a fondé le parti Fuerza Popular, qui a obtenu une majorité au Congrès en 2016. Cependant, son parti a été critiqué pour son obstructionnisme et son manque de transparence.
Opportunisme politique
Keiko Fujimori a constamment changé de position sur des questions clés pour gagner des voix. Par exemple, elle s'est opposée au mariage homosexuel mais a ensuite soutenu les droits LGBTQ+ lors de sa campagne de 2021. Elle a également promis de libérer son père de prison, ce qui a suscité des inquiétudes quant à un retour à l'autoritarisme.
Selon un analyste politique cité par Libération, « Keiko Fujimori utilise le nom de son père comme un bouclier, mais elle est prête à trahir son héritage si cela sert ses intérêts électoraux. »
Une menace pour la démocratie ?
Les critiques accusent Keiko Fujimori de menacer la démocratie péruvienne. Son parti a été impliqué dans des scandales de corruption, et elle-même a été détenue provisoirement en 2018 pour blanchiment d'argent. Elle a nié tout acte répréhensible.
Le Pérou a connu une instabilité politique chronique, avec plusieurs présidents destitués ou démissionnaires ces dernières années. La candidature de Keiko Fujimori ravive les craintes d'un retour à un régime autoritaire.
Conclusion
Keiko Fujimori représente une figure controversée, oscillant entre l'opportunisme et l'autoritarisme. Son avenir politique dépendra de sa capacité à convaincre les électeurs qu'elle peut apporter la stabilité sans sacrifier la démocratie.



