Le drapeau israélien flotte à nouveau au sommet du château de Beaufort, une forteresse médiévale située sur une colline surplombant la vallée du Litani, au Liban. Ce dimanche 31 mai 2026, Tsahal a annoncé avoir pris le contrôle de ce site historique, symbole de l'occupation israélienne du sud du Liban entre 1982 et 2000.
Un point stratégique majeur
Construit au XIIe siècle par les Croisés, le château de Beaufort, nommé en arabe Qala'at ash-Shqif (Château du Haut Rocher), a toujours été un enjeu militaire de premier ordre. Perché à 300 mètres d'altitude, il offre une vue imprenable sur une grande partie du sud du Liban, permettant de surveiller la vallée du Litani et les localités voisines. Israël Katz, ministre de la Défense israélien, a justifié cette opération en affirmant que la prise de Beaufort est essentielle pour défendre les localités de Galilée et assurer la sécurité des soldats israéliens.
Une histoire marquée par les conflits
Le château a été le théâtre de nombreuses batailles. Après les Croisés, il fut occupé par les Mamelouks au XIIIe siècle. Au XXe siècle, il servit de base aux combattants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) après la guerre des Six Jours en 1967. En 1982, Israël s'en empare et l'occupe pendant 18 ans, jusqu'en 2000. Aujourd'hui, l'armée israélienne y a planté son drapeau, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril 2026.
Des tunnels historiques
Outre sa position stratégique, le château possède un réseau de souterrains profonds de 65 mètres, datant de l'époque des Croisés, qui atteignent la rivière Litani. Ces tunnels confèrent au site une valeur défensive supplémentaire, comme l'a souligné le général de brigade à la retraite Bassam Yassine.
Réactions internationales
La prise de Beaufort a suscité de vives réactions. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a accusé Israël de mener une politique de la terre brûlée. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, dénonçant l'occupation croissante du territoire libanais. Depuis le début des hostilités, 3 371 Libanais ont été tués et plus d'un million de personnes déplacées.
Un patrimoine menacé
Le château de Beaufort bénéficie d'une protection renforcée de l'Unesco depuis novembre 2024, lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah. Malgré cela, les attaques israéliennes se sont intensifiées, menaçant ce site historique. La municipalité d'Arnoun a appelé les autorités libanaises et les organisations internationales à agir pour préserver le monument. Le ministre de la Culture libanais, Ghassan Salamé, a rappelé que ces sites doivent être protégés de toute attaque aérienne ou d'artillerie.



