Péninsule de Kii : spiritualité et nature au Japon
Péninsule de Kii : spiritualité et nature au Japon

Située dans le sud du pays du Soleil-Levant, la péninsule de Kii, la plus grande de Honshu, est connue pour être le berceau de la spiritualité japonaise. À commencer par le shintoïsme, qui fait de la montagne, des collines et des fleuves le refuge des kami, divinités célébrées dans des sanctuaires. Depuis plus d'un millénaire, les pèlerins suivent les sentiers de Kumano Kodo, inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, pour se purifier et rendre hommage aux forces naturelles. Venu du continent asiatique, le bouddhisme se développe, lui, entre le VIe et le VIIIe siècle. Il se pratique dans des temples, où l'on vénère des dieux tournés vers la méditation et la libération. La fusion des deux cultes, appelée shinbutsu shugo, a profondément façonné l'histoire de la péninsule.

Une région aux multiples facettes

Kii s'étend sur trois préfectures reliées par un réseau de trains et de bus, mais chacune est accessible en voiture (entre deux heures et cinq heures trente de route, en moyenne). Wakayama, la plus vaste, est réputée pour ses plages et ses sources chaudes. Celle de Nara, au nord-est, est peuplée de cerfs sacrés, qui se promènent parmi les piétons et les voitures. Interdiction de leur faire du mal ! Mie, enfin, borde l'océan Pacifique à l'est, et abrite le parc des 48 cascades d'Agame, haut lieu du shugendo (tradition spirituelle millénaire). Marcher sur des chemins classés, découvrir des sites cachés au cœur d'une forêt, communier avec les éléments et les esprits qui leur sont associés, c'est pénétrer au cœur d'une culture où la nature occupe un rôle de premier plan. En route !

Prier pour un coucher de soleil à Shirahama

Pour rejoindre Shirahama (« plage blanche », en japonais), depuis Osaka, il faut compter deux heures en train à bord du JR West Kuroshio Express, et autant de temps en voiture. Cette station balnéaire reliée aux sentiers de pèlerinage du Kumano Kodo appartient à la préfecture de Wakayama. Sur place, le contraste entre la mer et la roche frappe immédiatement. On s'avance vers le plateau de Senjojiki (« 1000 tatamis »), dont les formations rocheuses, sculptées par le vent et les vagues, s'apparentent à des œuvres d'art. Ces terrasses naturelles donnent sur l'île d'Engetsu (« pleine lune »), qui se reflète dans la mer à l'heure du coucher de soleil. Splendide.

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Se hisser jusqu'au divin à Shingu

Toujours dans la préfecture de Wakayama, rendez-vous au sanctuaire Kamikura-jinja, perché en haut de 538 marches abruptes taillées dans le flanc du mont Gongen, à Shingu. Des bâtons de randonnée sont mis à la disposition des visiteurs les plus prudents, car la montée comme la descente peuvent être glissantes. L'ascension constitue en soi une épreuve spirituelle. Selon la tradition, ce site est considéré comme le point de départ de la foi de Kumano – un ensemble de croyances liées aux montagnes et aux kami, divinités protectrices de la région. Au sommet, le gigantesque rocher Gotobiki-iwa, en forme de crapaud, surplombe la baie de Shingu et la mer de Kumano (Kumano-nada).

Se promener hors du temps à Kuki

Situé sur le littoral sud de la préfecture de Mie, Kuki est un village traditionnel de pêcheurs peuplé de quelque 300 habitants. Entre collines boisées, eaux calmes et embarcations colorées, son port offre un décor de carte postale. Ici, nul temple spectaculaire ou classé, mais un petit sanctuaire authentique en léger surplomb. La spiritualité des lieux tient surtout à une profonde connexion avec la nature. Non loin se trouve Tsumura, fabrique artisanale de binchotan de Kishu, charbon de chêne blanc qui filtre l'eau, assainit l'air et symbolise une forme de purification : la transformation du bois par le feu.

Faire le plein d'iode à Aiga

Nombreux sont les restaurants de la préfecture de Mie à mettre à l'honneur les produits de la mer pêchés localement. Ichifuji, table prisée de la ville d'Aiga, en fait partie. On y déguste des spécialités préparées selon des techniques ancestrales (20 euros environ pour un repas complet), comme le kabayaki, poisson laqué d'une sauce sucrée-salée, ou les coquillages kimimiso yaki, recouverts d'une croûte parfumée. Parmi les incontournables, les huîtres, charnues et iodées, sont servies nature ou gratinées.

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S'initier à la copie de manuscrits à Asuka

Dans le village d'Asuka, première capitale connue du Japon (538-710) avant la ville de Nara, dans la préfecture du même nom, se trouve le temple de Kawara-dera, où fut réalisée, en 673, la première transcription de sutras (préceptes bouddhistes) au Japon. Des ateliers de copie y sont proposés pour apprendre à manier le pinceau avec précision sur des lettres pré-imprimées avec, en prime, une vue époustouflante sur la nature environnante. Après l'effort, le réconfort autour d'une pâtisserie et d'une tasse de matcha (1800 yens, environ 9,65 euros).

Tutoyer des animaux sacrés à Nara

Cap sur la ville de Nara. Première étape : le parc Nara Koen, où cerfs et biches se promènent librement, à l'affût de shika senbei, biscuits de farine de riz spécialement élaborés pour eux. Dans cet écrin de 660 hectares se dresse le Kasuga-taisha, sanctuaire du VIIIe siècle dédié aux divinités protectrices de la ville. Des milliers de lanternes en pierre et en bronze jalonnent ses allées et bâtiments. Le site est entouré d'arbres majestueux. À l'entrée (gratuite), un cèdre millénaire semble veiller silencieusement sur les visiteurs.

Dormir dans un lieu chargé d'histoire

Ouvert en 1909, le Nara Hotel trône sur une colline qui domine le parc de Nara, fief de temples historiques comme le Todai-ji avec son emblématique statue de bouddha. Entièrement construit en bois, cet établissement de 127 chambres (à partir de 185 euros la nuit) allie le raffinement de l'architecture japonaise traditionnelle à l'élégance classique des palaces occidentaux de la Belle Époque. Ses pièces lumineuses, ses planchers polis et ses détails en laque témoignent d'un savoir-faire exceptionnel. Au fil des décennies, il a accueilli des membres de la famille impériale ainsi que des célébrités, comme Audrey Hepburn ou Albert Einstein. Plus qu'un simple hôtel, il incarne une page vivante de l'histoire nipponne.

Informations pratiques

Y aller : La compagnie EVA Air dessert Osaka depuis Paris via Taipei, aller-retour à partir de 847 € (compter quinze heures de vol au total). Certains appareils pavoisent aux couleurs d'Hello Kitty. À bord, les plateaux-repas arborent l'effigie du personnage. Expérience ludique garantie.

Climat : Les températures douces du printemps accompagnent la floraison des cerisiers ; l'été peut être très chaud et humide ; l'automne se pare de couleurs flamboyantes ; l'hiver, frais et sec, voit parfois tomber la neige.

Décalage horaire : En été, le Japon a sept heures d'avance sur la France.

Monnaie : La devise locale est le yen. 1 € = 187 ¥.

S'informer : Visit-kii.com