Nouveau coronavirus découvert chez une chauve-souris au Kenya
Nouveau coronavirus découvert chez une chauve-souris

Un nouveau coronavirus découvert chez une chauve-souris au Kenya

Depuis la crise mondiale du SARS-CoV-2, les scientifiques surveillent de près les chauves-souris, réservoirs de nombreux virus. Une équipe internationale menée par Giulia Gallo, virologue à l'Institut Pirbright au Royaume-Uni, a identifié un nouveau coronavirus baptisé CcCoV-KY43. Cette découverte, publiée dans la revue Nature et relayée par Le Monde et Le Figaro, met en lumière un virus capable de pénétrer dans les cellules humaines via un récepteur inédit.

Une nouvelle voie d'infection

L'étude, parue le 22 avril, s'est concentrée sur les alphacoronavirus, une famille moins connue que les bétacoronavirus (dont fait partie le SARS-CoV-2). Jusqu'à présent, les alphacoronavirus humains étaient associés à des pathologies bénignes, comme des rhumes. Pour évaluer le risque de transmission à l'homme, les chercheurs ont sélectionné 40 protéines Spike représentatives de la diversité virale chez les chauves-souris.

La découverte majeure réside dans l'identification d'une nouvelle porte d'entrée. Alors que les coronavirus utilisent habituellement les récepteurs ACE2 ou APN, le coronavirus-KY43 utilise le récepteur CEACAM6, présent dans les poumons et l'intestin humains. Ce récepteur, déjà connu pour être utilisé par certains virus de la grippe, n'avait jamais été identifié comme une cible pour un coronavirus.

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Un risque pandémique limité

Faut-il craindre une nouvelle pandémie ? Les scientifiques se montrent rassurants. Pour vérifier si le virus avait déjà franchi la barrière des espèces, des échantillons sanguins ont été prélevés sur des populations vivant à proximité des chauves-souris nez-en-cœur au Kenya. Résultat : aucune trace du virus n'a été détectée chez l'homme. « L'absence de propagation suggère que d'autres barrières biologiques empêchent le virus de s'implanter », explique Etienne Simon-Lorière, expert à l'Institut Pasteur.

Si le CcCoV-KY43 ne semble pas être le prochain Covid-19, cette étude permet de mieux comprendre les mécanismes de transmission inter-espèces. « L'entrée dans les cellules n'est qu'une des nombreuses barrières à franchir », rappelle le chercheur. Le virus doit encore apprendre à se multiplier efficacement et à se transmettre entre humains.

Une avancée pour la surveillance des pandémies

Cette recherche offre un nouvel outil pour anticiper les menaces futures. En identifiant le récepteur CEACAM6 comme une cible possible, les scientifiques peuvent désormais surveiller l'évolution des coronavirus et détecter précocement des variants potentiellement dangereux. Une cartographie des risques qui pourrait prévenir de futures crises sanitaires.

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