Au Mali, des rebelles djihadistes ont appelé, ce vendredi 1er mai 2026, à faire tomber la junte militaire au pouvoir pour instaurer une transition pacifique et inclusive. Dans un communiqué rendu public, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a exhorté la population à se soulever contre le régime en place, qu'il accuse de violations des droits de l'homme et de mauvaise gestion.
Un appel à la mobilisation populaire
Le communiqué, signé par le chef du JNIM, Iyad Ag Ghaly, appelle à une « mobilisation générale » pour renverser la junte dirigée par le colonel Assimi Goïta. Les djihadistes proposent une transition de 18 mois, dirigée par un conseil civil composé de représentants de toutes les composantes de la société malienne, y compris les groupes armés. Cette transition devrait aboutir à des élections libres et transparentes.
Des conditions pour la paix
Le JNIM pose plusieurs conditions pour participer à un dialogue national, notamment la libération de prisonniers politiques, la levée des sanctions internationales et la fin de la présence des forces étrangères, en particulier la force française Barkhane et les Casques bleus de l'ONU. Le groupe prône également l'application de la charia dans tout le pays.
Cet appel intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la junte et la communauté internationale. Le Mali est sous le coup de sanctions économiques de la Cédéao depuis le coup d'État de 2020. La junte a également été critiquée pour son rapprochement avec la Russie et le recours à des mercenaires de Wagner.
Les autorités maliennes n'ont pas encore réagi officiellement à cet appel. Cependant, des sources sécuritaires indiquent que le gouvernement considère cette initiative comme une tentative de déstabilisation. La junte a réaffirmé sa détermination à lutter contre le terrorisme et à restaurer l'intégrité territoriale du Mali.
Cette proposition de transition pacifique de la part des djihadistes est perçue par certains analystes comme une manœuvre pour gagner en légitimité, tandis que d'autres y voient une opportunité pour sortir de l'impasse sécuritaire et politique dans laquelle se trouve le pays depuis plus d'une décennie.



