Éthiopie : la journaliste Augustine Passilly expulsée après un reportage au Tigré
Journaliste Augustine Passilly expulsée d'Éthiopie

La journaliste française Augustine Passilly, correspondante pour plusieurs médias dont Le Point, a été expulsée d'Éthiopie après avoir effectué un reportage dans la région du Tigré, en proie à un conflit armé depuis novembre 2020. Elle a été arrêtée à l'aéroport d'Addis-Abeba alors qu'elle s'apprêtait à quitter le pays, puis placée en garde à vue avant d'être expulsée vers la France.

Un reportage dans une zone sensible

Augustine Passilly s'était rendue au Tigré pour couvrir la guerre qui oppose le gouvernement fédéral éthiopien aux forces régionales tigréennes. Son reportage, qui devait être diffusé par plusieurs médias, portait sur les conséquences humanitaires du conflit et les accusations de crimes de guerre. Les autorités éthiopiennes lui reprochent d'avoir violé les règles d'accès à cette région, où l'accès des journalistes est strictement contrôlé.

Une procédure accélérée

Selon des sources diplomatiques, la journaliste a été entendue par les services d'immigration éthiopiens, qui ont décidé de l'expulser sans lui permettre de contacter les représentants consulaires français. L'ambassade de France à Addis-Abeba a été informée a posteriori et a exprimé ses préoccupations auprès des autorités éthiopiennes.

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Cette expulsion intervient dans un contexte de forte tension médiatique en Éthiopie, où plusieurs journalistes étrangers ont été interdits d'entrée ou expulsés ces derniers mois. Le gouvernement éthiopien justifie ces mesures par la nécessité de préserver la sécurité nationale et l'intégrité territoriale.

Réactions et soutien

L'expulsion d'Augustine Passilly a suscité l'indignation de plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse, telles que Reporters sans frontières (RSF). Dans un communiqué, RSF a dénoncé une « atteinte grave à la liberté d'informer » et appelé les autorités éthiopiennes à respecter le droit international. La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a également exprimé sa solidarité avec la journaliste et demandé des explications aux autorités éthiopiennes.

Augustine Passilly est arrivée en France le lendemain de son expulsion. Elle a déclaré avoir été traitée avec courtoisie mais déplore l'absence de dialogue avec les autorités éthiopiennes. Elle envisage de poursuivre son travail d'investigation sur la situation au Tigré depuis la France.

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