Un bilan humain qui s'alourdit
Ce mercredi 14 janvier 2026, l'ONG Iran Human Rights a publié un nouveau bilan de la répression du mouvement de contestation en Iran. Selon l'organisation basée en Norvège, au moins 3 428 manifestants ont trouvé la mort et plus de 10 000 personnes ont été arrêtées. Cette forte augmentation par rapport au bilan précédent s'explique par des informations récentes provenant des ministères iraniens de la Santé et de l'Éducation, précise l'ONG. "Ce chiffre est un minimum absolu", avertit-elle, indiquant avoir reçu "de nouveaux rapports et témoignages montrant davantage encore l'ampleur de la violence".
Téhéran durcit le ton face aux accusations
Face à cette situation, le régime iranien a durci son discours. Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, a averti que l'Iran est prêt à riposter "de manière décisive" contre toute attaque des États-Unis ou d'Israël. Il a accusé ces pays d'être derrière le mouvement de contestation et a qualifié le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'"assassins de la jeunesse iranienne". Dans une déclaration reprise par la télévision d'État, il a également mis en garde contre toute tentative de déstabilisation.
Le souvenir d'Al-Udeid
Ali Shamkhani, ancien ministre de la Défense et de la Logistique des forces armées d'Iran, a rappelé sur son compte X que Donald Trump devrait se souvenir de l'attaque iranienne contre la base américaine d'Al-Udeid au Qatar en juin 2025. Cette frappe, selon lui, a prouvé "la volonté et la capacité de l'Iran à riposter à toute attaque".
Le G7 menace de nouvelles sanctions
Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 se sont dits mercredi "prêts à imposer des mesures restrictives supplémentaires si l'Iran poursuit la répression des manifestations". Dans un communiqué commun publié par la France, qui assure la présidence du G7, ils expriment leur "profonde inquiétude face au nombre élevé de morts et de blessés". Ils condamnent "le recours délibéré à la violence et le fait que des manifestants soient tués, détenus de manière arbitraire et subissent des tactiques d'intimidation des forces de sécurité". Ce communiqué est signé par les chefs de la diplomatie de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que par la haute représentante de l'Union européenne.
Un contexte de tensions régionales
Ces annonces interviennent dans un climat de fortes tensions entre l'Iran et les puissances occidentales. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a tenu Donald Trump pour responsable des victimes de la répression. De son côté, le président américain a prévenu Téhéran qu'il agirait "de manière très forte" si le régime exécutait des personnes arrêtées. La France, quant à elle, se montre prudente, une nécessité selon Sébastien Lecornu pour protéger les ex-otages Cécile Kohler et Jacques Paris. L'Iran se dit "préparé pour la guerre" mais prêt à négocier, tandis que les manifestations continuent de ravager le pays.



