Incendie à Castelnau-de-Guers : les pompiers racontent la course contre le feu
Incendie à Castelnau-de-Guers : récit des pompiers

Le capitaine Olivier Macquet, chef des pompiers d'Agde, raconte comment les soldats du feu ont combattu l'incendie de Castelnau-de-Guers, qui a parcouru 700 hectares avant d'être fixé autour de 5 heures mercredi matin. Pendant plusieurs jours, les hommes du feu resteront encore sur le site pour surveiller les éventuelles reprises.

Des chiffres impressionnants

Jusqu'à 850 hommes et femmes ont été mobilisés au plus fort du sinistre. En deux heures, 400 hectares ont été brûlés. Les moyens aériens ont effectué 60 largages d'eau, et 120 camions ont été engagés. Ce mercredi, à 10 h 30, alors que le préfet de l'Hérault François-Xavier Lauch et Kléber Mesquida, président du Conseil départemental, saluaient un à un les pompiers massivement présents au domaine Saint-Martin de la Garrigue, PC de l'incendie, l'heure n'était pas tout à fait au soulagement. 300 pompiers étaient encore sur place, la surveillance maintenue pour les prochains jours.

"On a toujours des conditions défavorables, de fortes températures, la sécheresse… des feux peuvent partir à tout moment sur d'autres secteurs", confie Olivier Macquet, qui a commandé les opérations sur le terrain.

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Une course contre la montre

Olivier Macquet était un des trois premiers pompiers présents sur site, mardi après-midi. Arrivé vers 16 h par le nord, tandis qu'un collègue montait au feu par le sud et un autre par l'ouest, il a vu le feu arriver de la pinède, avec les flammes et la masse de fumée. "Devant moi, le champ brûlait. Il fallait trouver la tête du feu."

Avec deux priorités : "Les enjeux humains, et l'autoroute A9", a rappelé Yannick Rebillon, chef du "gouvernement territorial ouest" du Sdis de l'Hérault. Pendant une heure, le capitaine Macquet a expliqué comment les pompiers luttaient contre un sinistre qui n'a heureusement fait aucune victime sérieuse : "Trois blessés légers chez les sapeurs pompiers", annonce le lieutenant-colonel Rebillon.

"On a sauvé sept mas", précise Olivier Macquet, qui rappelle que "le domaine de Bridau était directement menacé". Et si le préfet a décidé de fermer temporairement l'accès à l'A9, mardi, le feu n'y est pas arrivé.

Des choix stratégiques

"Mardi, on a eu 9 départs de feux dans l'Hérault. Il a fallu faire des arbitrages. Huit feux ont été arrêtés très rapidement", a rappelé Eric Florès, directeur du Sdis 34. Le neuvième a fait les dégâts que l'on voit. "On est intervenu quelques minutes trop tard, on a couru après le feu. Il a accéléré et progressé par sauts, et il a pris les fossés", indique Olivier Macquet, qui était déjà présent le vendredi 4 juillet, "un kilomètre plus à l'ouest" d'ici. Le feu avait alors été étouffé d'entrée. "Celui-là est parti plus fort."

Il décrit les détails d'une opération quasi-militaire, où il faut définir des choix stratégiques en fonction des images des caméras thermiques, du sens du vent, de la topographie, des lignes à haute tension, des images aériennes d'un terrain saturé d'une opaque fumée. Composer avec la végétation aussi : "On a de plus en plus de vignes bio, moins traitées et moins entretenues, moins résistantes au feu." Faire avec les inconnues du jour enfin. D'impressionnants blocs de pierre, déplacés mercredi, interdisent l'accès à certains chemins. Les mas sont-ils habités ? Et les caravanes massées dans un champ à proximité ? "Ça nous a inquiétés."

Les moyens déployés

"La priorité, c'est de taper la tête du feu", répète le capitaine Macquet. La contrepartie : "On l'a laissé libre à l'arrière, et il est parti." Les Canadairs demandés d'entrée étaient engagés ailleurs, ils sont arrivés plus tard, vers 19 h. Il a fallu faire avec les camions, et les Dash, les bombardiers d'eau, face à un feu qui progressait sur deux fronts, un "flanc droit" et un "flanc gauche". "Les Dash ont largué 10 000 litres d'eau, les Morane, 2 800 litres, les Canadair, 6 000", et l'hélicoptère Puma d'appui, 4 000 litres sur un site où se sont déployés 52 camions, trois colonnes.

Dans la nuit, le feu a été arrêté "sur la crête". Mercredi, il fallait terminer le travail, "enlever les brûlots", "mouiller" le terrain avec de l'eau et une mousse additive qui "étouffera" les reprises. "Faire les lisières" aussi, une priorité.

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"Papa Charlie", le PC du véhicule du capitaine Macquet, pompier depuis 2007, au front sur bien d'autres opérations plus "traumatisantes", des "secours à personne", des "secours routiers", livre les dernières informations. Le 9 juillet, on ne sait toujours pas d'où est parti le feu de la veille. C'est "probablement du bois Saint-Martin", sur le flanc gauche.