Globocide : un nouveau crime contre l'habitabilité de la planète
Globocide : un nouveau crime contre l'habitabilité

Dans une tribune publiée le 6 juillet dans « le Monde », cent personnalités ont plaidé pour la reconnaissance juridique d'un nouveau crime : le « globocide ». Ce concept, forgé par le philosophe autrichien Günther Anders, désigne à l'origine la destruction de l'humanité par la bombe atomique. Les signataires estiment que le droit actuel est mal outillé pour répondre aux atteintes qui menacent les conditions d'habitabilité de la planète. « Nous devons arrêter au plus vite les criminels climatiques qui pratiquent la politique de la terre brûlée et mettent l'humanité en danger », écrivent-ils.

Pourquoi un nouveau crime plutôt que l'écocide ?

La notion d'écocide, déjà établie dans certains débats juridiques, vise les dommages graves et durables à l'environnement. Cependant, les signataires de la tribune estiment qu'elle ne couvre pas suffisamment les menaces globales qui rendent la planète inhabitable pour l'humanité. Le globocide, selon eux, se concentre sur la destruction des conditions de vie humaines à l'échelle planétaire, incluant non seulement les atteintes à l'environnement mais aussi les risques nucléaires, biologiques ou climatiques.

Günther Anders a introduit ce terme après Hiroshima, le 6 août 1945, qu'il qualifiait de « jour zéro ». Pour lui, l'humanité avait alors acquis la capacité de s'autodétruire. La tribune du 6 juillet 2026 reprend cette idée en l'élargissant aux crises écologiques contemporaines.

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Un appel à une réforme du droit international

Les signataires, parmi lesquels figurent des juristes, des philosophes et des militants écologistes, demandent que le globocide soit reconnu comme un crime international, au même titre que le génocide ou les crimes contre l'humanité. Ils estiment que la Cour pénale internationale (CPI) devrait pouvoir juger les auteurs de ces actes, qu'il s'agisse de dirigeants politiques, de chefs d'entreprise ou de responsables militaires.

« Le globocide ne se limite pas à la destruction de la nature ; il vise directement la possibilité d'une vie humaine digne sur Terre », explique Léna Jauze, autrice de l'article. Cette distinction est cruciale pour les juristes qui travaillent sur la justice environnementale.

Un débat qui divise les experts

Si l'initiative est saluée par de nombreux militants, elle suscite aussi des critiques. Certains experts estiment que la création d'un nouveau crime pourrait compliquer les poursuites déjà difficiles pour écocide. D'autres soulignent que le droit international est déjà saturé et que l'ajout d'une nouvelle infraction risquerait de diluer les efforts existants.

Néanmoins, les signataires insistent sur l'urgence : « Les catastrophes climatiques se multiplient, les écosystèmes s'effondrent, et les responsables restent impunis. Le globocide est un outil juridique nécessaire pour protéger l'humanité », conclut la tribune.

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