Israël a interdit l'accès à la bande de Gaza à 37 organisations non gouvernementales internationales, dont Médecins sans frontières (MSF), pour leur refus de transmettre la liste de leurs employés, invoquant des risques d'infiltration terroriste. Cette décision, annoncée ce jeudi, fait craindre une aggravation de la crise humanitaire dans l'enclave palestinienne, déjà dévastée par deux ans de guerre.
Une réglementation contestée
Selon le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, les ONG concernées n'ont pas respecté les normes de sécurité et de transparence. « La principale défaillance identifiée est le refus de fournir des informations complètes et vérifiables concernant leurs employés, exigence essentielle destinée à empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires », a déclaré le ministère. Le ministre Amichai Chikli a ajouté : « Le message est clair : l'assistance humanitaire est la bienvenue — l'exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l'est pas. »
Les ONG concernées
Parmi les organisations bannies figurent de grands acteurs mondiaux tels que MSF, le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision et Oxfam. MSF a indiqué ne pas avoir transmis la liste de ses employés, faute d'avoir obtenu d'Israël « des garanties et des clarifications » concernant cette demande « préoccupante ». L'ONG a souligné qu'elle appliquait « des politiques internes strictes afin de garantir le respect des lois et d'empêcher tout détournement de l'aide ou toute association avec des groupes armés. »
Indignation internationale
La communauté internationale a vivement réagi. L'Union européenne a exigé que « les obstacles » à l'accès de l'aide humanitaire soient levés. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a estimé que « de telles suspensions arbitraires aggravent encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza », où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre. Le patron de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation de « dangereux précédent », dénonçant un « mépris du droit international humanitaire ».
Critiques israéliennes
Un regroupement de 17 organisations israéliennes de gauche a condamné ces restrictions dans un communiqué commun. « La radiation de 37 ONG internationales sape l'action humanitaire, met en danger le personnel et les communautés, et compromet l'efficacité de la distribution de l'aide », ont-elles écrit. Elles ont ajouté : « Israël, en tant que puissance occupante, a l'obligation d'assurer des approvisionnements suffisants aux civils palestiniens. Non seulement il manque à cette obligation, mais il empêche également d'autres acteurs de combler les lacunes. »
Cette décision intervient alors que la question de l'aide est extrêmement sensible depuis le début de la guerre. En 2024, Israël avait déjà interdit à l'UNRWA d'opérer sur son sol, accusant certains de ses employés de participation à l'attaque du 7 octobre 2023.



