Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux de la « flottille pour Gaza », arraisonnés lundi par l'armée israélienne en Méditerranée à l'ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël. Détenus depuis à la prison de Ktziot (sud) selon l’organisation israélienne de défense des droits de l'Homme Adalah qui assure leur représentation légale et leur défense, ils ont finalement « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, sans préciser s’ils avaient été jugés.
L’organisation Adalah avait indiqué mercredi soir qu’ils devaient être déférés en vue d’être expulsés et un porte-parole de l’organisation contacté par l’AFP, Moatassem Zeidan, a indiqué qu’ils ne seraient finalement « pas présentés devant les tribunaux ». Selon cette source, ils ont été transférés vers l’aéroport de Ramon avant d’être expulsés.
Rapatriement des militants étrangers
Les militants égyptiens et jordaniens ont eux été transférés vers leurs pays, à Taba et Aqaba, près des frontières avec Israël. La Turquie a annoncé que trois vols spéciaux étaient prévus au départ de Ramon mercredi pour rapatrier ses citoyens soit 78 militants, et ceux de pays tiers. Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés par ces vols et ils seront pris en charge à leur arrivée à Istanbul par l’ambassade de France pour un rapatriement dès que possible, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux, lors d’une conférence de presse.
Réactions et controverses
« Israël a pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza », avait estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023. Mais une vidéo publiée mercredi a changé la donne. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, a en effet provoqué un tollé à l’étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants agenouillés et les mains liées. Une jeune femme qui crie « Libérez la Palestine » au passage du ministre se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », lance-t-il, triomphalement dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.
Les images diffusées ne sont « pas conformes aux valeurs d’Israël », a déclaré le chef de la diplomatie Gideon Saar, accusant Itamar Ben Gvir d’avoir « sciemment nui » à l’image du pays avec « ce spectacle honteux ». L’intéressé a défendu au contraire « une grande source de fierté ». Les réactions, particulièrement de pays comptant des ressortissants arrêtés, n’ont pas tardé. Le traitement réservé aux détenus a été jugé « inadmissible » par Rome qui a exigé « des excuses » et demandé jeudi à l’Union européenne d’imposer des sanctions au ministre Ben Gvir. En Pologne, le ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski a dit qu’il souhaitait le déclarer persona non grata, après la convocation du chargé d’affaires israélien.



