Une découverte archéologique sans précédent a été réalisée par une équipe hispano-égyptienne dirigée par l'Université de Barcelone et l'Institut du Proche-Orient ancien. Fin 2025, dans la nécropole d'Oxyrhynchus, à environ 190 kilomètres au sud du Caire, les chercheurs ont mis au jour un fragment de papyrus contenant des vers de l'Iliade d'Homère, inséré dans la cavité abdominale d'une momie datant de l'époque romaine.
Une première dans l'histoire de l'égyptologie
Pour la première fois, un texte littéraire grec a été retrouvé incorporé dans le processus d'embaumement d'un défunt de l'Égypte antique. Jusqu'à présent, les papyrus intégrés aux momies étaient principalement des textes religieux égyptiens ou, plus rarement, grecs. Cette découverte, rapportée par The Independent, pourrait permettre de mieux comprendre la diffusion de la culture grecque en Égypte romaine.
Le contexte de la découverte
La tombe 65 du site d'Oxyrhynchus, bien que pillée dans l'Antiquité, a conservé un riche matériel funéraire et plusieurs momies. En analysant ces dernières, les archéologues ont découvert un papyrus contenant un passage du deuxième chant de l'Iliade, le "Catalogue des vaisseaux". Ce fragment avait été dissimulé dans la cavité abdominale lors de l'embaumement, une pratique courante pour prévenir la décomposition, mais jamais avec un texte littéraire grec.
Selon Ignasi-Xavier Adiego, professeur en langues classiques, romanes et sémitiques, "la réelle nouveauté est de trouver un papyrus littéraire (grec) dans un contexte funéraire". Cette découverte suggère une hybridation des rites funéraires à l'époque, mêlant traditions locales et influences étrangères.
Oxyrhynchus, un site archéologique majeur
Connue à l'époque pharaonique sous le nom de Per-Medjed, Oxyrhynchus était l'une des villes les plus importantes de l'Égypte gréco-romaine. Les fouilles hispano-égyptiennes ont également révélé trois chambres funéraires endommagées par le temps et les pillages. À l'intérieur, les archéologues ont découvert de grands vases en céramique contenant des restes humains incinérés, une pratique rare, ainsi que des ossements de nourrissons et des crânes de félins enveloppés dans des tissus.
Lors d'une précédente expédition, 52 momies datant de l'époque ptolémaïque avaient été mises au jour, dont plus d'une douzaine possédaient une langue en or. Ces amulettes, déjà connues des archéologues, devaient permettre aux morts de parler dans l'au-delà.
Cette découverte exceptionnelle ouvre de nouvelles perspectives sur les pratiques funéraires et la diffusion de la culture grecque dans l'Égypte romaine.



