Ce mardi 7 juillet, le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre de la Marine nationale, amarré à Toulon, a accueilli une compétition de drones inédite : une course entre pilotes civils et militaires, présentée comme une « première mondiale ». Organisée dans le cadre des 400 ans de la Marine, l'événement a permis à 300 civils de visiter le navire, d'assister aux courses aériennes et de tester des simulateurs mis à disposition par l'armée.
Un rêve devenu réalité
L'enseigne de vaisseau Laetitia, à l'origine de l'initiative, raconte : « Tout est parti d'un rêve. J'ai rêvé d'une course de drones interarmées et avec des civils, j'en ai parlé à mes équipes et c'est devenu réalité. » La journée s'est déroulée en deux temps : le matin, 200 militaires de la région ont été conviés, puis l'après-midi, le public a pu embarquer. Une organisation millimétrée pour montrer « l'avancée d'une armée en constante évolution technologique ».
Le Tonnerre, imposant navire de 199 mètres de long et 32 mètres de large, a servi de cadre à cette compétition. Dans le hangar intérieur, des simulateurs et des stands explicatifs tenus par le laboratoire d'innovation de la Force d'action navale (FANLab) accueillaient les visiteurs. Un étage plus haut, une vaste salle ouverte diffusait en direct les courses, commentées par Killian Rousseau, triple champion du monde de course de drones FPV (vols en immersion avec caméra embarquée et casque de réalité virtuelle).
Des courses de 2 minutes sous tension
Sur le pont d'envol, la tension était palpable. Les dronistes, concentrés, s'affrontaient sur un parcours parsemé d'obstacles, notamment des portes gonflables à traverser sous peine de pénalité. Les courses duraient en moyenne 2 minutes avec 4 concurrents sur la ligne de départ. Les portes gonflables ont parfois causé des dégâts sur les drones. « Pas un bruit perturbateur durant les 2 minutes de course, comme si le temps s'était arrêté », observe un témoin.
Parmi les participants, les seconds maîtres Marius et Loan concouraient pour la Marine. Loan, fusilier et cuisinier à bord, confie : « J'ai commencé le drone il y a 2 mois. Aujourd'hui, je participe pour montrer que l'on se forme à la Marine, peu importe notre fonction. C'est un honneur d'être là avec des champions. » L'objectif pour les militaires est de développer une lecture rapide de l'environnement, d'anticiper des trajectoires, d'affiner leur coordination et d'améliorer leur prise de décision sous pression.
Un contexte géopolitique instable
À l'issue de la compétition, une petite remise des prix a eu lieu. « On ne s'attendait pas à un niveau aussi élevé », a murmuré l'enseigne de vaisseau Laetitia. Bien que la course soit un moment détendu, elle s'inscrit dans « un contexte géopolitique instable, marqué par les nouvelles technologies comme les drones, massivement utilisés en Ukraine », a rappelé le capitaine de vaisseau Arnaud Bolelli.



