Alors que Donald Trump abuse des droits de douane pour serrer la vis à ses adversaires, la Chine vient de supprimer ses taxes d’entrée pour l’Afrique. Depuis le 1er mai, tout ce qui vient de ce continent — du pétrole aux graines de sésame en passant par des bois tropicaux — y entre libre de droits. En 2025, ces exportations étaient trois fois plus importantes, en valeur, que les ventes africaines à l’Amérique. À la fin de l’année, Washington devra décider si, en définitive, ses propres exemptions douanières, qui couvrent la moitié des biens en provenance d’Afrique, seront maintenues ou non. En septembre dernier, Trump les avait laissées expirer, avant de se raviser finalement pour les renouveler.
Deux visions opposées
L’enjeu n’est pas perçu de la même façon par les deux puissances rivales. Vue des États-Unis, l’Afrique, pourvoyeuse de seulement 1% de ses importations, est aussi marginale qu’une erreur d’arrondi. Depuis que l’Amérique est devenue autosuffisante en pétrole grâce à la fracturation hydraulique, l’or noir africain n’a pour elle plus la même importance. Ne comptent désormais que le platine, le cobalt, le manganèse et l’uranium importés du continent, autrement dit : l’Afrique du Sud, la RDC, le Gabon, le Niger et la Namibie.
Un geste commercial ou une stratégie ?
Cet approvisionnement pouvant être sécurisé par des accords bilatéraux, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) reste ce qu’il a été depuis son adoption, sous Bill Clinton, à savoir un geste commercial envers le continent le plus pauvre. La Chine, quant à elle, multiplie les initiatives pour renforcer ses liens économiques avec l’Afrique, cherchant à y accroître son influence face à un partenaire américain moins engagé.



