Capgemini, le fleuron français des services numériques, se retrouve au cœur d'une controverse majeure. Selon une enquête de l'Observatoire des multinationales diffusée par France 2 le 26 janvier, le groupe collaborerait avec l'agence américaine de l'immigration ICE via sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS).
Un contrat controversé de 365 millions de dollars
En novembre dernier, CGS a remporté un appel d'offres de 365 millions de dollars pour des missions de skip tracing, une technique de localisation et d'identification d'étrangers en situation irrégulière. Le contrat prévoit également des bonus financiers liés aux performances de l'ICE. Capgemini avait publié un article vantant sa collaboration pour réduire les délais et les coûts d'expulsion, mais ce document a depuis été retiré de son site.
Gestion d'un standard téléphonique pour victimes
Par ailleurs, via CGS, Capgemini gère un standard téléphonique destiné aux victimes de crimes commis par des étrangers, un service lancé sous l'administration Trump. Cette activité a suscité l'indignation de nombreuses associations de défense des droits humains.
Réactions et mesures prises
Le PDG de Capgemini a publié un communiqué sur LinkedIn annonçant que le conseil d'administration indépendant a engagé un examen du contrat attribué à CGS en décembre 2025. Cette affaire intervient alors que le groupe a annoncé la suppression de près de 2 500 emplois, ajoutant à la pression médiatique et politique.
La polémique a relancé le débat sur l'éthique des entreprises françaises travaillant avec des agences américaines d'immigration, dans un contexte de durcissement des politiques migratoires aux États-Unis.



