Un buffle albinos à la crinière blonde, baptisé « Donald Trump », attire les curieux au Bangladesh. Devenu une star des réseaux sociaux, l'animal suscite un engouement avant son sacrifice prévu pour l'Aïd al-Adha, le 28 mai.
Une star nationale improbable
Propriétaire de ce taureau de 700 kg, Zia Uddin Mridha explique que le nom a été choisi par son frère cadet en référence à la chevelure flamboyante du président américain. Depuis un mois, influenceurs, badauds et enfants affluent dans sa ferme à Narayanganj, en périphérie de Dacca, pour apercevoir cette vedette nationale. Pour que sa coiffure reste impeccable, on lui verse un seau d'eau fraîche sur la tête avant de brosser son épaisse mèche blonde, rabattue entre ses longues cornes recourbées. « Le seul luxe dont il bénéficie, c’est de se baigner quatre fois par jour », souligne M. Mridha, 38 ans.
Un buffle rare et doux
Les buffles albinos, à la fourrure blanche ou rosée en raison d'un manque de mélanine, sont extrêmement rares. Pour l'exploitant agricole, les similitudes entre ce taureau et l'hôte de la Maison-Blanche se limitent à la chevelure. « C’est un buffle d’une grande douceur. Il mange comme les autres, ne se bat pas pour la nourriture et partage la même étable », confie-t-il.
L'Aïd al-Adha, une fête de sacrifice
Le Bangladesh, pays de 170 millions d'habitants à majorité musulmane, se prépare à célébrer l'Aïd al-Adha. Depuis quelques années, ce rituel religieux donne lieu à des célébrations élaborées : les animaux sont toilettés et parés de guirlandes pour le jour du sacrifice. Plus de 12 millions de têtes de bétail (chèvres, moutons, vaches et buffles) devraient être sacrifiées, une occasion rare pour les familles défavorisées de manger de la viande.
Un buffle stressé par l'affluence
Le buffle, stressé par l'effervescence autour de lui, a perdu du poids, selon M. Mridha, qui a dû restreindre le nombre de visiteurs. Les enfants se pressent contre le grillage pour l'apercevoir. Faisal Ahmed, 30 ans, fait partie des chanceux qui ont pu le photographier. « Franchement, le buffle ressemble au président Donald Trump », souligne cet homme d'affaires venu avec cinq amis.
D'autres animaux stars
Ce pays d'Asie du Sud compte d'autres animaux surnommés, comme un taureau à la robe dorée nommé « Neymar » en référence au footballeur brésilien, ou un autre baptisé « Membre du Parlement ». À quelques jours du sacrifice, Zia Uddin Mridha regarde avec tendresse son buffle âgé de quatre ans renifler dans un seau de fourrage. « Je suis triste, je m’en suis occupé pendant un an, et il nous a apporté tant de notoriété. Donald Trump va me manquer, mais c’est l’esprit même de l’Aïd al-Adha : faire un sacrifice », confie le fermier.



