Accord UE-Mercosur : le coup de colère des agriculteurs français
Accord UE-Mercosur : colère des agriculteurs français

Alors que la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse par le gouvernement ravive la colère des agriculteurs, cette crise sanitaire n'est pas le seul motif de leur courroux. Les raisons sont multiples : grippe aviaire, taxes Trump, baisse de la consommation de vin rouge, surtransposition des normes, revenus insuffisants... Le 15 novembre dernier, près de 6 000 agriculteurs, dont une majorité de viticulteurs, ont manifesté à Béziers.

L'accord Mercosur, symbole du mécontentement

Mais c'est l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur qui cristallise le mécontentement à l'échelle nationale, comme en janvier 2024. Après des années de négociations, la Commission européenne est parvenue en décembre 2024 à finaliser un accord avec cette zone de libre-échange sud-américaine composée de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay. L'accord doit être approuvé par les pays membres de l'UE, nécessitant un vote favorable au Parlement européen et une majorité qualifiée parmi les gouvernements (au moins 15 pays sur 27, représentant 65 % de la population).

Vote au Parlement européen

Cette semaine, lors de sa session plénière à Strasbourg, le Parlement européen vote ce mardi sur de nouvelles mesures de sauvegarde pour les produits agricoles. Selon le Parlement, le projet de règlement définit les conditions dans lesquelles l'UE peut suspendre temporairement les facilités tarifaires accordées aux produits agricoles d'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay si ces importations nuisent aux producteurs européens.

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Le Conseil européen

Dès le lendemain du vote, le Conseil européen, réunissant les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-Sept, se prononcera sur la version finale de la législation. La Commission européenne, qui a négocié l'accord, sollicite l'approbation des États membres pour que sa présidente, Ursula von der Leyen, puisse se rendre au Brésil et signer avant la fin de l'année. Pour l'instant, la Pologne et la Hongrie ont annoncé qu'elles voteraient contre, tandis que l'Autriche et la Belgique devraient s'abstenir.

La demande de report du Premier ministre

Dans ce contexte, Sébastien Lecornu a demandé dimanche le report des échéances relatives à l'accord UE-Mercosur. Il a déclaré que les avancées intégrées au texte sont encore incomplètes et doivent être concrétisées de manière opérationnelle, robuste et effective pour produire leurs pleins effets. Alors qu'un sommet du Mercosur est annoncé le 20 décembre, il a estimé que les conditions ne sont pas réunies pour un quelconque vote du Conseil de l'UE sur une autorisation de signature. Le gouvernement observe avec appréhension la colère grandissante des agriculteurs.

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