Le Verdanson, cours d'eau emblématique de Montpellier, est devenu au fil du temps un dépotoir à ciel ouvert. Sans doute un gâchis pour l'eau, en tout cas une pollution qui se jette à la mer. Le Verdanson retrouve-t-il aujourd'hui une de ses fonctions datant du XVIIIe siècle ? Sommes-nous redevenus des ignorants ?
Un passé d'égout et de dépotoir
Le Verdanson, alors appelé Merdanson, a servi d'égout et de dépotoir pendant des siècles aux quartiers nord de la ville. Il recevait les rejets des tanneries, des moulins à huile et autres fabriques polluantes qui le bordaient, comme le rappelle Roland Jolivet dans son ouvrage Montpellier sur Verdanson (éditions Montpellier Agglo, 2005).
Une source d'eau cristalline oubliée
Pourtant, à l'origine, sa fonction était bien différente. Qui pourrait imaginer que le Verdanson offrait une eau buvable à quelques kilomètres du centre-ville de Montpellier ? En effet, le ruisseau, avec son eau cristalline, prend sa source non loin du mas de La Tuilerie de Massane (1603, quartier Euromédecine). Les habitants de la propriété, dont l'écrivain et poète Joseph Delteil (1894-1978), buvaient l'eau à la source.
Un parcours pollué jusqu'à la mer
Le Verdanson parcourt quelques kilomètres, parfois couvert, parfois à ciel ouvert, dans les quartiers des hôpitaux, de Boutonnet, des Beaux-arts et des Aubes, pour se jeter dans le Lez à proximité du moulin de Salicate. Dans sa course, lors des épisodes méditerranéens, lorsque le déluge s'abat sur Montpellier comme cet hiver, le bien nommé Merdanson transporte tous les détritus laissés par une minorité qui le fréquente.
Un appel à la protection collective
Alors pourquoi ne pas décider, collectivement, de le protéger en arrêtant d'y abandonner restes alimentaires et autres immondices qui finissent dans le Lez pour arriver ensuite à Palavas ? En espérant qu'ils soient ramassés par la collectivité avant les prochains orages.



