Masques antipollution inefficaces contre l'ozone, selon les experts
Masques antipollution inefficaces contre l'ozone

On les voit généralement fleurir sur le nez des cyclistes et des motards lors des épisodes hivernaux de pollution aux particules fines. Mais ces derniers jours, malgré un épisode prolongé de pollution à l'ozone, les masques antipollution se font beaucoup plus discrets. D'abord parce que l'idée de se coller un masque sur le nez alors qu'il fait plus de 40 degrés au soleil n'emballe pas grand monde. Sans doute aussi parce que la pollution à l'ozone apparaît un peu moins « visible » dans le ciel que les nuages de particules fines, sans pour autant être moins dangereuse. Peut-être aussi parce que la protection se révèle bien moins efficace.

D'après les prévisions de la plate-forme nationale de la qualité de l'air Prevair, la pollution à l'ozone devrait encore durer quelques jours. Ce « mauvais » ozone (pas celui présent dans la couche qui nous protège des ultraviolets) est un gaz à effet de serre qui participe au réchauffement climatique. Il est principalement irritant pour les yeux et dangereux pour l'appareil respiratoire.

Ce vendredi, « une baisse des concentrations s'amorce sur la Bretagne et le sud de Nouvelle-Aquitaine, mais le reste du pays demeure exposé à des niveaux importants d'ozone ». D'après Prevair, « une amélioration se profile à partir de dimanche » mais les prévisions demeurent incertaines.

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D'ici là, les Français les plus exposés doivent-ils se protéger d'un masque antipollution pour éviter d'inhaler de l'ozone ? « Non, ce n'est pas vraiment efficace », tranche Grégoire Dandres. « L'ozone est un gaz. La taille des molécules est trop fine pour être filtrée », explique le fondateur de la marque française Frogmask.

Pas efficace contre les substances gazeuses

Pour filtrer un polluant comme l'ozone, il faudrait un système de filtre avec des charbons actifs. Ce que les équipements de Frogmask ne proposent pas. La marque française R-Pur, leader du secteur, en possède sur ses masques composés de huit couches qui peuvent filtrer des nanoparticules de 50 nanomètres, soit 0,00005 millimètre. Mais aucune étude extérieure n'est venue attester de la fiabilité du dispositif et la marque n'a pas répondu à notre sollicitation. « Les masques ne protègent pas contre les substances gazeuses. Ce n'est pas un remède contre la pollution, c'est du marketing », assure une porte-parole d'Atmo France.

Les fortes chaleurs obligent les cyclistes parisiens à rouler dans une importante pollution à l'ozone. Pour étayer son propos, l'association française se base sur un rapport établi par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Publié en 2018, il établissait un constat clair : « la plupart des masques dits antipollution recensés sur le marché français sont conçus pour protéger des particules présentes dans l'air ambiant et ne protègent pas contre les substances présentes à l'état gazeux. » L'Anses a refusé de conseiller le port de ces masques estimant qu'ils peuvent « donner un faux sentiment de protection à son utilisateur et entraîner des comportements conduisant éventuellement à une surexposition aux polluants dans l'air. »

Aider les personnes allergiques au pollen

S'ils ne permettent pas de se protéger de l'ozone, les masques semblent toutefois soulager les personnes allergiques au pollen. Les concentrations en graminées sont actuellement jugées « très élevées » par les associations chargées de leur surveillance. Mais il faudra pour cela accepter de porter un masque accentuant la sensation de chaleur. « Certes, ça ne filtre pas tout mais ça filtre une partie. C'est comme mettre un K-Way. Ça n'arrêtera pas la pluie mais ça vous protégera. Cela reste une protection qui peut être utile », tempère le fondateur de Frogmask.

Pour s'en protéger, les autorités recommandent avant tout d'aérer son logement, notamment le matin et le soir, de limiter ses activités physiques intenses et de reporter ses sorties en dehors des heures les plus chaudes. Du bon sens, en somme.

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