« La Vallée de l'arsenic » est un documentaire instructif diffusé ce soir à 20h40 sur LCP. Il revient sur l'histoire de ce site, le plus pollué de France, et ses conséquences dramatiques sur l'environnement et les habitants.
Un héritage toxique
Le 15 octobre 2018, de violentes inondations frappent l'Aude : quinze morts, des centaines de blessés, des dégâts considérables. Les spécialistes s'inquiètent de la pollution dans la vallée de l'Orbiel, haut lieu de l'exploitation minière et industrielle. Les eaux de la rivière, chargées d'arsenic, envahissent les cours d'école et les jardins, charriant les résidus de l'ancienne mine de Salsigne.
Ce film instructif retrace l'histoire de ce site, à la fois plus grande mine d'or d'Europe et l'un des principaux gisements d'arsenic du monde, exploité depuis la fin du XIXe siècle. Un héritage lourd : selon une étude du Bureau de Recherches géologiques et minières, l'arsenic est « probablement le contaminant environnemental responsable des risques les plus élevés de morbidité et de mortalité à travers le monde ».
L'État enfin condamné
Son exploitation connaît un pic pendant la guerre du Vietnam, avec la fabrication des agents orange et bleu, deux puissants défoliants. Dans la région, la mortalité par cancers dépasse largement la moyenne nationale. Malgré les alertes répétées, l'État maintient l'activité minière. Après l'arsenic, une société australienne extrait de l'or sans considération pour la santé ni l'environnement, laissant des millions de tonnes de déchets toxiques.
Le scandale est aussi politique : l'État aurait « donné un chèque en blanc » aux exploitants, avant de confier tardivement la dépollution à l'entreprise Seps. Mais c'est un échec : des déchets importés d'autres sites industriels ont été traités en même temps, aggravant la pollution et exposant les ouvriers à des émanations dangereuses.
En 2004, toutes les activités minières cessent dans la vallée. Les habitants sont dépistés : des traces de 33 métaux lourds sont découvertes dans leur organisme. « J'estime qu'il y a 3 millions de tonnes de toxiques puissants. Nous avons là une des plus grandes décharges chimiques du monde, s'insurge le géographe Frédéric Ogé. Et depuis plus de trente ans, il est interdit de consommer tout ce qui est en contact avec la terre. »
Après des années de lutte, l'État a enfin été condamné, en 2025, à réparer le préjudice écologique.
Lundi 27 avril à 20h40 sur LCP. Documentaire de Gadh Charbit (2025). 50 min. (Disponible en replay sur le site de LCP).



