L'enquête publique concernant le futur plus grand campus d'Europe dédié à l'intelligence artificielle et à l'innovation numérique à Fouju (Seine-et-Marne) ne passe pas inaperçue. Menée du 30 avril au 30 mai, elle suscite une vive contestation. Le 13 mai, un collectif d'associations, mené par France Nature Environnement Seine-et-Marne (FNE 77), a tenu une conférence de presse dans ce village de 637 habitants, avec les Soulèvements de la terre, la Ligue de protection des Oiseaux, le syndicat Solidaires Informatique et la Confédération paysanne. Leur objectif : faire connaître leur rejet du projet.
Un projet hors norme
Ce mastodonte est estimé à 50 milliards d'euros à l'horizon 2038, dont 8 milliards pour la première tranche, dont l'achèvement est espéré en 2028. Sur un terrain de 90 hectares, le campus sera aménagé sur 48 hectares et comprendra un centre de formation, un bâtiment technique et 11 bâtiments de data centers de 20 mètres de haut, ainsi que 613 groupes électrogènes avec des cheminées de 29 à 31 mètres de haut. Ce gigantisme prend place dans la plaine briarde, choisie pour sa proximité avec des lignes à haute tension, la connexion à la fibre noire de très haut débit et l'autoroute A5.
Une consommation énergétique colossale
Les associations écologistes dénoncent une consommation d'énergie équivalente au chauffage de 200 000 foyers. Elles pointent du doigt l'impact environnemental d'un tel projet, notamment en termes d'émissions de gaz à effet de serre et de consommation d'eau pour le refroidissement des serveurs. Les agriculteurs, de leur côté, s'inquiètent de la perte de terres agricoles fertiles et de l'artificialisation des sols.
Des risques pour l'environnement
Les opposants soulignent également les risques potentiels liés aux groupes électrogènes de secours, qui fonctionnent au gazole et pourraient polluer l'air. Ils craignent aussi des nuisances sonores et visuelles dans ce paysage rural. Le collectif demande une évaluation plus poussée des impacts et une remise en question du projet, jugé disproportionné par rapport aux besoins réels.
Malgré ces critiques, les promoteurs du projet mettent en avant les retombées économiques et la création d'emplois, ainsi que la nécessité de développer l'infrastructure numérique pour l'IA en Europe. L'enquête publique se poursuit jusqu'au 30 mai, et le commissaire enquêteur rendra son rapport dans les semaines suivantes.



