Simon Casas, directeur des arènes de Nîmes, a accordé un entretien à Midi Libre le 9 mai à Madrid, où il s'est exprimé sans détour sur la Feria de Nîmes et la polémique née pendant la campagne des municipales. Il a d'abord évoqué la San Isidro madrilène, qui a débuté le 8 mai, se félicitant des onze « no hay billetes » enregistrés à la veille de la feria. Ce succès reflète, selon lui, le travail de l'entreprise Plaza 1, où il est associé à Rafael Garrido, tant sur l'excellence de la programmation que sur la qualité de la communication. Les records d'abonnés ont été battus, avec une satisfaction particulière d'avoir attiré un public jeune, assurant un renouvellement générationnel. Pour lui, le torero est un héros pour la jeunesse, adhérant aux valeurs d'engagement et de passion, ce qui a modernisé la tauromachie, autrefois jugée obsolète.
Morante de la Puebla, un événement à Nîmes
Interrogé sur la venue de Morante de la Puebla, grande figure de la feria, Simon Casas a exprimé sa satisfaction professionnelle de voir ce matador effectuer son seul paseo de l'année en France dans les arènes de Nîmes, qu'il considère comme le berceau de sa passion. Il a rencontré Morante après sa blessure et celui-ci a confirmé sa volonté d'être présent à Nîmes, ce que son apoderado a réitéré.
Évolution des cartels et promotion des toreros français
Simon Casas a expliqué avoir fait évoluer les cartels avec des élevages plus en phase avec les goûts des aficionados exigeants, comme Santiago Domecq, El Freixo, Pedraza de Yeltes, Margé, Talavante et Virgen Maria. Il a souligné son engagement constant en faveur des toreros français, citant Clemente et Barroso, qui ont confirmé leur alternative à Madrid. Il a rappelé avoir managé Patrick Varin, premier des 63 toreros sous sa direction, et avoir été précurseur avec Alain Montcouquiol pour les professionnels français. La corrida 100 % française offre une opportunité à six toreros face au meilleur élevage français de l'histoire, et ceux qui brilleront pourront espérer des opportunités à Nîmes ou à Madrid.
Absences et perspectives pour les Vendanges
Les absences de Roca Rey, De Miranda et Victor Hernandez ont été regrettées. Simon Casas a annoncé que Roca Rey sera présent le samedi des Vendanges, et il espère pouvoir annoncer au moins l'un des deux autres en septembre. Avec cinq corridas, il n'y a que quinze postes, ce qui impose des choix. Il a tenu à récompenser Marco Perez et Aaron Palacio, qui ont triomphé l'an dernier.
Un « bombo » envisagé à Nîmes
Interrogé sur la possibilité d'organiser un « bombo » (tirage au sort intégral des élevages et toreros) à Nîmes, comme il l'a fait à Madrid, Simon Casas a indiqué que c'est un projet envisageable. Il a tout fait à Nîmes sauf cela, et il le ferait volontiers dans sa ville adorée, après l'avoir expérimenté à Madrid, l'endroit le plus compliqué pour l'organiser.
Location et économie de la Feria
Concernant la location pour la Feria de Pentecôte, il s'est dit satisfait des réservations, malgré le fait que le lundi de Pentecôte ne soit plus férié, ce qui affecte l'économie des arènes. Il a souligné que sans argent, il ne peut y avoir de productions de qualité, et que les beaux cartels irriguent l'économie locale. Contrairement aux discours anti-corridas, la tauromachie n'est pas subventionnée et génère des richesses via les rentrées fiscales et le dynamisme économique.
TVA : une injustice fiscale à corriger
À propos de la TVA, Simon Casas a évoqué une injustice : Nîmes, Arles et Béziers paient 20 % de TVA, tandis que Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan ou Istres n'en paient pas. Il propose que toutes les arènes paient le taux de 5,5 % applicable au spectacle vivant, ce qui augmenterait les recettes fiscales de l'État tout en assurant une égalité fiscale. Il se félicite que Robert Ménard, maire de Béziers, dirige l'Union des villes taurines de France et estime qu'il comprendra cet argumentaire.
Apaisement avec le maire Vincent Bouget
Simon Casas a répondu aux critiques de la nouvelle équipe municipale concernant ses propos lors de l'annonce des cartels et pendant la campagne. Il se dit homme de conviction et d'engagement, reconnaissant avoir transgressé son devoir de réserve par inquiétude face à la présence d'anti-corridas déclarés sur la liste de Vincent Bouget. Il précise que son post Instagram n'appelait pas à voter pour quelqu'un, mais disait seulement qu'il ne voterait pas blanc, tout en rappelant que le vote nul existe. Son père étant mort pour la France en tant que résistant, il se considère libre de ses idées.
Il exprime son souhait d'apaiser les relations avec le maire, affirmant que les communistes lui sont sympathiques depuis longtemps et qu'il a voté pour eux pendant vingt ans dans sa jeunesse. Il se dit heureux de rencontrer Vincent Bouget, partageant le même amour pour leur cité, et assure avoir beaucoup apporté à Nîmes culturellement et économiquement. Il veut la réussite de la ville et du maire élu démocratiquement, qu'il trouve sympathique.
Propos controversés et réactions
Une association juive a critiqué ses propos. Simon Casas a précisé qu'il parlait uniquement des jeunes Nîmois déportés dans les camps de concentration, sans vouloir s'étendre davantage.
Gestion des arènes : régie ou professionnalisme
Sur la possibilité d'une gestion en régie, Simon Casas s'y oppose. Il réfute les arguments de l'absence de TVA et du poids donné aux aficionados. Selon lui, les professionnels ont l'expertise nécessaire, et si une commission taurine peut apporter des éclairages, les décisions de gestion et de programmation doivent leur revenir. Il cite Madrid et Valence, qui sont revenues de la régie, et souligne que le risque financier ne doit pas peser sur le contribuable. La régie a existé à Nîmes et a été déficitaire. En tant que professionnel, il dispose d'un pouvoir de négociation pour optimiser les coûts, ce que n'ont pas les régies.



