Géothermie en Nouvelle-Aquitaine : un regain d'intérêt malgré des coûts élevés
Géothermie : un potentiel prometteur en Nouvelle-Aquitaine

Une source d'énergie décarbonée, propre et durable : à l'heure de la flambée des prix du pétrole et du gaz, la géothermie revient sur le devant de la scène dans notre région. La Nouvelle-Aquitaine représente plus de 7 % de la production géothermique en France. C'est la deuxième région en termes de potentiel derrière l'Île-de-France, grâce à sa géologie favorable. Elle dispose notamment de nappes aquifères profondes qui peuvent être utilisées pour la géothermie. Le Bureau des ressources géologiques et minières (BRGM) a cartographié les zones les plus propices à ce type d'installation.

Un regain d'intérêt après un premier boom dans les années 1980

On assiste ainsi en ce moment à un regain d'intérêt pour cette solution d'équipement des bâtiments, après un premier boom dans les années 1980. Pour autant, la géothermie n'a pas vocation à remplacer tous les autres modes de chauffage ou de climatisation. Son intérêt dans la décarbonation est réel, mais elle présente aussi des inconvénients. Il faut d'abord distinguer géothermie de surface et géothermie profonde.

Géothermie de surface : simple et largement déployée

La première, la plus largement déployée, est la plus simple à mettre en œuvre dans tous les environnements. Il s'agit d'aller chercher la chaleur dans le sol jusqu'à 200 mètres de profondeur. Elle n'est généralement pas très élevée (autour de 20 °C) mais stable. Associée à une pompe à chaleur, elle permet de chauffer ou de rafraîchir un bâtiment et de produire de l'eau chaude.

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Géothermie profonde : des températures élevées mais des investissements lourds

Pour la géothermie profonde, c'est une autre histoire. Elle mobilise les ressources situées à des profondeurs supérieures à 200 mètres, où les températures sont beaucoup plus élevées (entre 40 °C et 90 °C). Cette énergie puisée dans le sol peut alors être valorisée directement dans un réseau de chaleur ou pour alimenter un site industriel. Plus besoin de fluides, toujours disponible, fiable et robuste : pour la géothermie, le principal frein reste son coût élevé en termes d'investissements. Cette solution s'avère beaucoup plus chère que les autres installations. Il faut compter 1,5 million d'euros au minimum quand une chaufferie gaz coûte 300 000 euros à installer. Ainsi, l'amortissement d'une installation géothermique n'intervient qu'au bout d'une vingtaine d'années.

« L'usage de la géothermie nécessite généralement de refaire l'ensemble du réseau secondaire d'un bâtiment, explique Julien Jimenez, sous-directeur des solutions énergétiques pour la Région Nouvelle-Aquitaine. Par exemple, remplacer des radiateurs à eau en fonte par un réseau d'air. C'est pour cela que cette solution est adaptée aux constructions neuves ou aux grosses rénovations. »

Un exemple concret : le groupe Ceva Santé animale

Le groupe Ceva Santé animale a ainsi choisi la géothermie pour équiper son nouveau siège social à Libourne. Il a pu bénéficier d'aides de la part du Conseil régional, qui dispose de fonds dédiés pour le soutien à l'installation. « Les subventions que nous pouvons attribuer aux entreprises ou aux collectivités peuvent avoir un véritable effet levier », confirme Julien Jimenez.

Une part encore modeste mais en croissance

Pour autant, la géothermie ne représente aujourd'hui que 2 % de la production de chaleur renouvelable (chiffres de 2024), même si les projets se multiplient. Une quinzaine de lycées sur les 119 sont déjà équipés et 43 établissements ont été identifiés comme pouvant être raccordés à un réseau de chaleur.

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