Vagues de chaleur et développement de l'enfant : des risques identifiés
Les vagues de chaleur et les canicules, qui pourraient se multiplier avec le réchauffement climatique, suscitent des inquiétudes quant à leurs effets sur le développement des générations futures. Les femmes enceintes et les nourrissons, dont le système de thermorégulation est moins efficace, sont particulièrement vulnérables au stress thermique. Selon l'Inserm, les vagues de chaleur sont associées à un risque accru de mortinatalité, de prématurité et de faible poids de naissance. Des études animales ont également montré que les températures extrêmes peuvent affecter les mécanismes neurologiques et les capacités cognitives.
Une étude sur 12 000 couples mère-enfant
Une équipe de recherche dirigée par Johanna Lepeule (Inserm) et Itai Kloog (université Ben-Gourion, Israël) a analysé les données de la cohorte Elfe, qui suit des milliers d'enfants de la naissance à l'âge adulte. Les chercheurs ont combiné ces données avec des modèles d'exposition à la température, estimant semaine par semaine, tout au long de la grossesse et des premiers mois de vie, les températures ressenties avec une précision de 1 km à la campagne et 200 m en ville. Les résultats, publiés dans la revue Environmental Health le 9 avril, montrent que des températures extrêmes au début du deuxième trimestre de grossesse (15,6 °C la nuit en moyenne de la 14e à la 19e semaine) et durant les sept premiers mois de vie (21,9 °C en moyenne) sont associées à une diminution des capacités langagières des enfants à deux ans, allant jusqu'à 15 %. À l'inverse, lorsque les mères étaient exposées à des températures plus chaudes pendant les périodes froides, les scores d'acquisition du langage étaient meilleurs. Aucune différence significative n'a été observée entre les filles et les garçons.
Des conséquences à long terme sur le développement cognitif
Johanna Lepeule souligne que si ces résultats sont confirmés, les effets de la chaleur sur le développement neuropsychologique pourraient ne pas être ponctuels, mais s'étendre sur toute la durée de la vie. « Nos résultats sont un signal précurseur de l'impact d'un réchauffement global sur le développement cognitif humain à long terme », explique-t-elle. L'identification de ces périodes de vulnérabilité pourrait aider à renforcer les messages de prévention, notamment pour protéger les femmes enceintes et les nourrissons lors des épisodes de chaleur extrême.



