Importations de GNL russe dans l'UE à leur plus haut niveau depuis 2022
GNL russe dans l'UE : niveau record depuis 2022

Selon une étude publiée mercredi 13 mai, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe dans l'Union européenne ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022. En 2025, les achats de GNL russe par les pays de l'UE ont dépassé les volumes enregistrés avant le conflit, malgré les sanctions et les engagements de réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.

Une augmentation significative

L'étude, réalisée par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), montre que les importations de GNL russe ont augmenté de 15 % en 2025 par rapport à 2024, et de 30 % par rapport à 2022. La France, l'Espagne et les Pays-Bas figurent parmi les principaux importateurs. Ces chiffres contrastent avec les objectifs affichés par Bruxelles de réduire les importations de gaz russe d'ici 2027.

Les raisons de cette hausse

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. D'une part, la demande mondiale de GNL reste élevée, notamment en Asie, ce qui maintient les prix à un niveau compétitif pour le gaz russe. D'autre part, les contrats à long terme signés avant la guerre continuent de lier certains États membres à des fournisseurs russes. Enfin, les infrastructures de regazéification en Europe, notamment en Espagne et en France, permettent d'importer de grandes quantités de GNL.

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Des critiques croissantes

Cette situation suscite des critiques de la part des défenseurs de l'environnement et de certains responsables politiques. Greenpeace a dénoncé une « dépendance continue au gaz russe qui finance la machine de guerre de Poutine ». De son côté, la députée européenne Marie Toussaint (Verts/ALE) a appelé à un embargo immédiat sur le GNL russe, jugeant que les mesures actuelles sont insuffisantes.

Les réponses de la Commission européenne

Interrogée sur ces chiffres, la Commission européenne a rappelé que les États membres ont la liberté de choisir leurs sources d'approvisionnement énergétique, dans le respect des objectifs climatiques. Elle a souligné que les importations de gaz russe par gazoduc ont considérablement diminué, passant de 40 % du gaz total importé en 2021 à moins de 10 % en 2025. Cependant, le GNL russe représente désormais une part croissante, avec environ 20 % du GNL importé dans l'UE.

Un défi pour la transition énergétique

Cette hausse des importations de GNL russe intervient alors que l'UE s'est fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les experts estiment que pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, l'Europe doit non seulement diversifier ses sources d'énergie, mais aussi accélérer le déploiement des énergies renouvelables et améliorer l'efficacité énergétique.

La position de la France

La France, qui importe du GNL russe via les terminaux de Dunkerque et de Fos-sur-Mer, a indiqué qu'elle travaille à diversifier ses approvisionnements, notamment en augmentant les importations de GNL américain et qatari. Toutefois, les contrats en cours avec des entreprises russes, comme Yamal LNG, rendent difficile une rupture immédiate.

Quelles perspectives ?

À court terme, les importations de GNL russe devraient rester élevées, en raison de la demande hivernale et de la concurrence asiatique. À plus long terme, la mise en œuvre du plan REPowerEU, qui vise à remplacer le gaz russe par des énergies propres, pourrait réduire cette dépendance. Mais pour l'instant, le gaz russe continue de couler vers l'Europe, au grand dam des militants écologistes et de certains gouvernements.

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