Le mouvement de fond devient de plus en plus visible aux États-Unis. Alors que l'administration Trump bataille contre les énergies vertes, des entreprises étrangères impliquées dans le secteur cherchent une porte de sortie. Surtout les sociétés chinoises, qui multiplient les annonces de retrait ces dernières semaines.
Des cessions en cascade
Jinko Solar, l'un des principaux fabricants mondiaux de panneaux solaires, vient de céder le contrôle majoritaire de son site en Floride à un fonds d'investissement privé. Un exemple suivi par la Ningbo Boway Alloy Material Co., dont les actifs seront bientôt vendus au groupe indien INOXGFL. Fin avril, le fabricant de batteries au lithium, Automotive Energy Supply Corporation (AESC), a aussi cédé une participation majoritaire de son usine du Tennessee à Fixx Energy, un concurrent américain.
Une politique hostile aux énergies vertes
Cette dynamique a de quoi ravir Donald Trump. Depuis son retour au pouvoir, le président républicain cherche à la fois à réduire le soutien public aux énergies vertes et à restreindre l'accès des entreprises chinoises au marché américain. Avec sa One Big Beautiful Bill, signée l'été dernier, il a imposé de nouvelles restrictions aux crédits d'impôt mis en place par l'Inflation Reduction Act (IRA), l'ambitieux programme de transition énergétique de son prédécesseur Joe Biden. Il en a également profité pour renforcer la pression sur les entreprises liées à des entités étrangères.
Un signal politique clair
"Le signal politique envoyé par Washington est très clair : ne venez pas, car nous créerons autant d'incertitude et de risques que possible pour votre activité", résume Li Shuo, directeur du programme sur la Chine et le climat à l'Asia Society Policy Institute. Ce retrait massif des entreprises chinoises témoigne de l'impact des décisions politiques sur les investissements étrangers dans le secteur des énergies renouvelables aux États-Unis.



