La vague verte de 2020 s'essouffle : les écologistes en perte de vitesse après les municipales
Vague verte 2020 : les écologistes en perte de vitesse

Le rêve écologiste des municipales 2020 s'évapore face aux réalités politiques

En 2020, dans le contexte troublé de la pandémie de Covid-19, les Écologistes avaient célébré une victoire retentissante lors des élections municipales. Une véritable « vague verte » avait alors déferlé sur de nombreuses métropoles françaises, portée par une abstention historique et l'espoir fugace d'un « monde d'après » plus respectueux de l'environnement.

Des conquêtes symboliques qui ont marqué les esprits

Des villes majeures comme Strasbourg, Lyon, Poitiers ou Bordeaux étaient tombées sous la bannière écologiste, semblant annoncer un tournant durable dans le paysage politique local. Cet élan apparaissait alors comme le signe d'une prise de conscience collective accrue face aux urgences climatiques.

Le retour à la réalité : un contexte géopolitique défavorable

Six années plus tard, cependant, le constat est beaucoup moins optimiste. Le vent a visiblement tourné et l'enthousiasme initial s'est considérablement émoussé. Au niveau national, les écologistes se retrouvent plongés dans une actualité géopolitique tendue qui a relégué, souvent sans ménagement, les thématiques environnementales au second plan.

Ils peinent désormais à incarner davantage qu'un simple « trait d'union » entre les socialistes et La France Insoumise, perdant ainsi une partie de leur identité et de leur force de proposition autonome.

Les défis internes : notabilisation et divisions stratégiques

Les tentatives de certains maires écologistes pour s'imposer dans le paysage politique local, comme Pierre Hurmic à Bordeaux, illustrent ces difficultés. Son parcours, marqué par des polémiques sur le sapin de Noël puis sur l'armement partiel de la police municipale, montre les limites d'une stratégie de notabilisation qui ne suffit pas à « sauver les meubles ».

Le parti est par ailleurs traversé, une fois de plus, par des divisions profondes sur la question des alliances. Ces accords variables conclus à l'échelle locale, tantôt avec le Parti Socialiste, tantôt avec La France Insoumise, créent une image d'instabilité et d'opportunisme qui nuit à la crédibilité de l'écologie politique.

Une lueur d'espoir dans les territoires

Malgré ce tableau en demi-teinte, une note positive persiste. Au-delà des métropoles médiatisées, la carte électorale révèle une implantation solide de maires écologistes, qu'ils soient officiellement étiquetés ou non, dans un ensemble significatif de communes moyennes. Cette présence discrète mais réelle dans les territoires pourrait constituer une base de résilience pour l'avenir.

L'héritage de la vague verte de 2020 est donc mitigé : si l'élan initial s'est essoufflé face aux réalités politiques et aux divisions internes, les racines plantées dans certaines collectivités locales offrent un motif de consolation et un potentiel de rebond.