L'utilisation de pesticides a augmenté de 5,8 % en France en 2024 par rapport à l'année précédente, selon les données publiées mercredi 25 juin par le ministère de la Transition écologique. Cette hausse concerne particulièrement les substances de la famille des PFAS, des composés perfluorés et polyfluorés, dont l'usage a bondi de 12 %.
Des chiffres en contradiction avec les objectifs du gouvernement
Cette augmentation intervient alors que le gouvernement s'est fixé pour objectif de réduire de 50 % l'usage des pesticides d'ici 2030, dans le cadre du plan Écophyto. En 2024, ce sont 66 000 tonnes de substances actives qui ont été vendues, contre 62 400 tonnes en 2023. Les PFAS, utilisés notamment dans les produits phytosanitaires pour leur résistance à l'eau et aux graisses, représentent désormais 15 % des ventes totales.
« Ces résultats sont préoccupants et montrent que les efforts de réduction ne sont pas suffisants », a déclaré le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, cité dans un communiqué. Il a annoncé le renforcement des contrôles et la mise en place d'une taxe sur les PFAS à partir de 2026.
Les PFAS, une famille de substances controversées
Les PFAS sont surnommés « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l'environnement. Ils sont associés à des risques pour la santé, notamment des cancers et des troubles hormonaux. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a récemment alerté sur la contamination des eaux souterraines par ces composés.
Les ventes de pesticides ont également augmenté dans plusieurs régions agricoles, comme la Nouvelle-Aquitaine (+8 %) et l'Occitanie (+6 %). Les cultures les plus concernées sont les céréales, la vigne et les fruits et légumes. Les associations environnementales, comme Générations Futures, dénoncent un « recul inacceptable » et appellent à une interdiction rapide des PFAS.
Des mesures annoncées pour inverser la tendance
Pour tenter d'inverser la tendance, le gouvernement prévoit de renforcer les alternatives aux pesticides, notamment via le développement de solutions de biocontrôle. Un fonds de 50 millions d'euros sera dédié à la recherche sur les alternatives aux PFAS dans l'agriculture. Par ailleurs, une surveillance accrue des importations de produits contenant des PFAS sera mise en place.
Les données du ministère montrent également une hausse de l'utilisation de glyphosate de 3 % en 2024, après une baisse de 2 % en 2023. Cette molécule, classée comme cancérogène probable par l'OMS, reste l'un des herbicides les plus utilisés en France.



