Lunel : le maire obtient la protection fonctionnelle, tensions au conseil
Lunel : protection fonctionnelle du maire, tensions au conseil

Le conseil municipal de Lunel a tenu sa dernière séance publique avant la trêve estivale, mardi soir, avec quarante dossiers à l'ordre du jour. Trois d'entre eux ont particulièrement animé les débats, tandis que la séance a révélé des fractures politiques au sein de l'opposition.

Protection fonctionnelle accordée au maire

Le maire Paulette Gougeon a informé le conseil qu'elle avait sollicité la protection fonctionnelle, estimant avoir été "personnellement mise en cause concernant le projet du Mas de Fourques". La première adjointe Viviane Bonfils a précisé que cette demande faisait suite à des publications sur les réseaux sociaux, attribuées à l'ancienne première adjointe Véronique Michel et à l'ancien deuxième adjoint délégué aux finances Michel Créchet. Le maire a porté plainte, considérant que "les allégations sont susceptibles de revêtir la qualification de prise illégale d'intérêt".

Le débat n'a pas porté sur le principe de la protection, qui est due au maire, mais sur la date des faits. Les groupes d'opposition, menés par Stéphane Dalle et Julia Plane (RN), ont cherché à savoir si les propos visaient Paulette Gougeon en tant que maire ou en tant que candidate. Noureddine Beniattou a demandé : "Quelle date ont été publiés ces messages ?" Viviane Bonfils a assuré que le maire était visé dans l'exercice de ses fonctions.

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Règlement intérieur modifié et rejet d'amendements

Le premier dossier débattu a été l'approbation du règlement intérieur du conseil municipal. "C'est la reprise de 90 % du règlement précédent", a expliqué Paulette Gougeon. L'élue Julia Plane a proposé trois corrections : la retransmission en direct du conseil sur internet, la suppression de la limitation du temps de parole, et l'obligation de soumettre au vote tout amendement. Ces propositions ont été rejetées par la majorité.

Stéphane Dalle, ancien premier adjoint, a réclamé la transparence sur les 10 % de modifications. Paulette Gougeon a précisé que le temps de parole des élus était désormais limité de 3 à 10 minutes maximum, estimant que "c'est largement suffisant, ce n'est pas une privation de la parole et ça permet de ne pas éterniser les débats".

Prêt de 40 millions d'euros pour la gendarmerie

Le projet de nouvelle gendarmerie a de nouveau suscité des débats. La Banque des Territoires exige que les collectivités garantissent à 100 % le prêt de 40 millions d'euros accordé au promoteur FDI Habitat. Le Département ayant refusé d'en prendre 25 %, c'est la Ville qui assume la totalité de la garantie. Elodie Donnadieu (Lunel au cœur) a commenté : "Si FDI a un souci, c'est un risque majeur pour la commune." Nourredine Beniattou a ajouté : "On a l'habitude de garantir les emprunts de ce type de projets mais ce qui interroge c'est le taux." La majorité s'est défendue par la voix d'Océane Sion, qualifiant le projet de "structurant". Le maire a assumé le risque à 100 %, soulignant les engagements financiers du conseil départemental à Lunel. Les dix élus d'opposition ont voté contre "compte tenu des risques".

Divisions au sein de l'opposition

Le principal enseignement politique de la séance est la scission annoncée du groupe "Lunel c'est vous". Par communiqué, le chef de file Anthony Belin a annoncé "la réorganisation" de son groupe, qui se traduit par la mise à l'écart de l'élue RN Julia Plane et de sa colistière Elodie Donnadieu. Ces deux dernières ont manifesté leur différence lors du conseil en votant à douze reprises de manière distincte de leurs quatre ex-collègues.

Corridas et vœu sur la protection des maires

Stéphane Dalle, désormais opposant, a interrogé la majorité sur l'autorisation d'une deuxième corrida lors de la Pescalune, sans consultation préalable du conseil pour modifier le contrat du délégataire des arènes. Il a sollicité l'avis de Sylvie Thomas et Corinne Poléri, deux élues "anti" corrida. Sylvie Thomas a confié : "Il y a eu débat au sein de l'équipe et la majorité l'a emporté." Nicolas Séverac, élu à la fête locale, a répliqué : "Tous les élus ne sont pas obligés d'aimer la corrida mais ils peuvent estimer que ça permet de faire briller Lunel."

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Enfin, Anthony Belin a fait adopter un vœu demandant au gouvernement d'agir pour protéger les maires poursuivis en tant qu'officier d'état civil, à l'exemple du maire de Béziers. Le vœu a été adopté grâce aux six voix de son groupe, aux voix de Stéphane Dalle et Nicolas Séverac, et à l'abstention de 26 élus. Seuls Nourredine Beniattou, Sylvie Thomas et Agnès Routhe ont voté contre.