L'Ademe menacée : le gouvernement veut transférer ses antennes locales aux préfets
L'Ademe menacée : transfert aux préfets prévu

Une nouvelle manifestation du recul de l’écologie dans les priorités de nos dirigeants. Après l’Agence Bio menacée de disparition en 2025, c’est l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) qui se retrouve dans le viseur des autorités. Un projet de loi du gouvernement vise à revoir le fonctionnement de l’agence en transférant ses délégations régionales au sein des Dreal (Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement).

Une réorganisation contestée

Une simple réorganisation de bon sens pourrait-on penser. Après tout, les missions des deux structures ne sont-elles pas proches ? « C’est un démantèlement, qui ne dit pas son nom », dénoncent les syndicats. Car avec cette réforme, les antennes locales de l’Ademe se retrouveraient placées sous l’autorité des préfets. Ce qui change tout. L’agence est certes un établissement public – un Épic (établissement public industriel et commercial) –, mais elle est avant tout indépendante. Avec parfois un côté poil à gratter, qui visiblement dérange aujourd’hui.

Un guide censuré

La semaine dernière, selon le média numérique Contexte, spécialiste des politiques publiques, Matignon a fait dépublier un guide rédigé par l’Ademe et l’Office français de la biodiversité (OFB) à destination des collectivités. Intitulé « Demain mon territoire », il détaillait des pistes d’action pour les élus locaux. Il est resté disponible quarante-huit heures sur le site de l’Ademe avant d’être supprimé.

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Des attaques récurrentes

L’agence est régulièrement mise en question par des élus de droite ou d’extrême droite qui la jugent trop dispendieuse. Face à ces menaces, une tribune, signée par plus de 250 associations et personnalités de la société civile comme Cécile Duflot, l’ex-secrétaire nationale des Écologistes, le réalisateur Cyril Dion ou le chercheur Philippe Grandcolas, s’alarme d’une possible « extinction » de l’Ademe. « Derrière ces attaques, c’est la politique de transition écologique elle-même qui est visée – et, avec elle, les 8 000 projets soutenus chaque année ainsi que les emplois qu’ils génèrent », soulignent les signataires.

Depuis plusieurs années, l’agence est régulièrement mise en question par des élus de droite ou d’extrême droite qui la jugent trop dispendieuse, confondant son budget de fonctionnement avec les sommes qu’elle distribue en soutien à la transition écologique, et demandent sa dissolution. Dans le contexte actuel de crise énergétique, de volonté d’électrification massive, s’en prendre à une structure reconnue pour son expertise dans la décarbonation paraît pour le moins dangereux. Sauf à aimer jouer de la tronçonneuse comme Javier Milei ou Elon Musk du temps du Doge (Département d’efficacité gouvernementale).

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