Il n’est pas un lycéen qui ne l’utilise pour faire un exposé. Les entreprises ne jurent plus que par cette technologie pour augmenter leur productivité. L’intelligence artificielle (IA) n’est plus une entité mystérieuse qui équipe nos smartphones, elle s’est imposée comme incontournable et remplace peu à peu les moteurs de recherche traditionnels. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’environnement.
Une étude alarmante de l’Arcep
L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de presse (Arcep) vient de publier une étude sur l’empreinte carbone du numérique, intitulée « Pour un numérique soutenable ». Elle porte sur 160 centres de données, soit la moitié du parc hexagonal, et examine leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2024. Celles-ci s’élèvent à 178 000 tonnes de CO2, en progression de 23 % par rapport à l’année précédente. Sans jouer les pythies, il y a fort à parier que ce chiffre est bien plus élevé en 2025, car, comme le révèle l’étude, les émissions de GES augmentent à « un rythme de plus en plus soutenu ».
L’IA, moteur de cette croissance
Cette croissance est portée par l’essor de l’intelligence artificielle, encouragé par les pouvoirs publics. En février 2025, le président de la République avait ainsi annoncé que la France allait investir 109 milliards d’euros lors du sommet sur l’IA de Paris, avec l’ambition de faire de la France le champion européen du secteur. Bruxelles a renchéri en mettant 200 milliards d’euros sur la table pour soutenir l’implantation de data centers géants.
Des inquiétudes légitimes
Le développement massif de cette industrie « génère des inquiétudes légitimes », dont l’Arcep se fait l’écho. Les projets sont toujours plus gros, toujours plus nombreux. Avec ses 300 cathédrales du cloud, la France s’installe au sixième rang mondial et à la troisième place européenne, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Les impacts environnementaux de ces centres de données s’avèrent tout sauf anodins.
Consommation d’eau et conflits d’usage
En 2024, ces infrastructures ont prélevé 575 000 m³ d’eau pour leur refroidissement, générant à certains endroits des conflits d’usage. Aux États-Unis, et notamment en Virginie, État qui concentre 12 % des capacités mondiales des data centers, la contestation citoyenne monte. L’inquiétude porte sur l’empreinte énergétique de ces centres, avec une consommation qui pourrait être multipliée par quatre.
L’appel de l’Arcep
En conclusion de son étude, l’Arcep appelle à respecter des « conditions compatibles avec les limites planétaires ». Alors que l’on réduit sous la contrainte notre consommation de pétrole, les nouveaux usages numériques risquent bien de faire exploser le compteur électrique.



