Duflot: l'extrême droite veut tuer l'Ademe, le gouvernement lui coupe les jambes
Duflot: l'extrême droite veut tuer l'Ademe, le gouvernement la fragilise

Dans une interview choc accordée à Libération, Cécile Duflot, ancienne ministre de l'Écologie et actuelle directrice générale de l'Agence de la transition écologique (Ademe), a vivement critiqué les récentes décisions budgétaires du gouvernement. Selon elle, l'extrême droite cherche à "tuer" l'Ademe, tandis que le gouvernement, par ses coupes, propose de "lui couper les jambes".

Des coupes budgétaires drastiques

Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit une réduction de 200 millions d'euros du budget de l'Ademe, soit une baisse de près de 15 % par rapport à l'année précédente. Cette décision intervient dans un contexte où la transition écologique est pourtant présentée comme une priorité nationale. Duflot s'insurge : "Comment peut-on prétendre vouloir accélérer la transition écologique tout en réduisant les moyens de l'agence qui en est le bras armé ?"

Une agence sous pression politique

L'ancienne ministre pointe du doigt les attaques répétées de l'extrême droite contre l'Ademe, qu'elle accuse de vouloir "détruire l'outil public de la transition écologique". Elle rappelle que Marine Le Pen a proposé à plusieurs reprises de supprimer l'agence, la qualifiant de "machine à dépenser de l'argent public". Duflot estime que ces attaques sont "idéologiques" et visent à démanteler les politiques environnementales.

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Le gouvernement, de son côté, justifie ces coupes par la nécessité de réduire le déficit public. Mais pour Duflot, cette logique est "à courte vue" : "Investir dans la transition écologique, c'est investir dans l'avenir. Les coupes actuelles nous coûteront bien plus cher demain, en termes de santé, de dépendance énergétique et de compétitivité."

Des conséquences concrètes pour les territoires

L'Ademe joue un rôle clé dans l'accompagnement des collectivités locales, des entreprises et des particuliers vers des pratiques plus durables. Les réductions budgétaires risquent de se traduire par une diminution des aides à la rénovation énergétique, à l'installation de panneaux solaires ou encore à la réduction des déchets. "Ce sont des centaines de projets qui pourraient être mis en pause", alerte Duflot.

Un appel à la mobilisation

Face à cette situation, la directrice de l'Ademe appelle les élus locaux, les associations et les citoyens à se mobiliser pour défendre l'agence. Elle souligne que "la transition écologique ne peut pas se faire sans moyens publics". Duflot espère que le Parlement pourra amender le projet de loi de finances pour rétablir les crédits nécessaires.

Cette polémique intervient alors que la France doit présenter sa feuille de route pour la neutralité carbone en 2050. Pour Duflot, "chaque euro investi aujourd'hui dans la transition écologique est un euro économisé demain".

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