Canicule : le budget adaptation climatique réduit par le gouvernement
Budget climatique réduit après la canicule

Le gouvernement a annoncé ce mercredi une réduction significative du budget destiné à l'adaptation au réchauffement climatique, quelques jours seulement après une canicule historique qui a frappé une grande partie du territoire. Cette décision, prise dans le cadre d'un plan d'économies budgétaires, a immédiatement suscité l'indignation des associations environnementales et de l'opposition.

Un budget en baisse de 20%

Selon les informations communiquées par le ministère de la Transition écologique, les crédits alloués à l'adaptation climatique passeront de 2,5 milliards d'euros à 2 milliards d'euros pour l'année prochaine, soit une baisse de 20%. Cette enveloppe finance notamment des mesures de prévention des risques naturels, l'isolation des bâtiments publics et la végétalisation des villes.

Le ministre de l'Économie a justifié cette coupe par la nécessité de réduire le déficit public, dans un contexte économique difficile. « Nous devons faire des choix, et l'adaptation climatique, bien qu'importante, ne peut pas être la seule priorité », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

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Réactions indignées

Les associations écologistes ont vivement réagi. « C'est un coup de massue après la canicule. Alors que les températures ont dépassé les 40°C dans plusieurs régions, le gouvernement réduit les moyens de protéger les populations », a dénoncé la porte-parole de Greenpeace France. « Cette décision est incompréhensible et dangereuse », a-t-elle ajouté.

L'opposition politique n'est pas en reste. Le député écologiste Julien Bayou a qualifié cette mesure de « renoncement face à l'urgence climatique ». Il a annoncé le dépôt d'une motion de censure symbolique contre le gouvernement.

Un contexte de canicule record

La canicule qui a touché la France du 28 mai au 2 juin a battu des records de température pour un mois de mai, avec des pointes à 42°C dans le Sud-Ouest. Elle a entraîné la mort d'au moins 50 personnes, selon un bilan provisoire, et a provoqué des incendies dans plusieurs départements. Les services hospitaliers ont été saturés, et les écoles ont dû fermer dans certaines zones.

Les scientifiques rappellent que ces épisodes caniculaires sont rendus plus fréquents et plus intenses par le réchauffement climatique d'origine humaine. « Chaque dixième de degré compte. Réduire les budgets d'adaptation, c'est prendre le risque de voir les catastrophes s'aggraver », a averti la climatologue Valérie Masson-Delmotte.

Un plan d'économies contesté

Cette réduction budgétaire s'inscrit dans un plan plus large de 10 milliards d'euros d'économies annoncé par le gouvernement pour 2027. D'autres secteurs, comme la santé et l'éducation, sont également concernés, mais c'est la coupe dans le climat qui suscite le plus de critiques en raison de son timing.

Le gouvernement défend sa politique en soulignant que le budget global de la transition écologique reste en hausse de 5% par rapport à l'année précédente, grâce à une augmentation des crédits pour les énergies renouvelables. « Nous faisons le choix de l'investissement dans la décarbonation plutôt que dans l'adaptation », a précisé le ministre de la Transition écologique.

Les associations estiment pourtant que les deux sont complémentaires. « Sans adaptation, les dégâts du changement climatique coûteront bien plus cher à long terme », a averti l'ONG Réseau Action Climat. « C'est une vision à court terme qui mettra en danger les générations futures. »

Le débat devrait se poursuivre à l'Assemblée nationale dans les prochains jours, alors que l'opposition promet de faire de ce sujet un point central de la session parlementaire.

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