Bruxelles consulte sur l'avenir des lois de protection de la nature
Bruxelles consulte sur l'avenir des lois nature

Bruxelles a lancé une consultation publique sur l'avenir de deux lois majeures de protection de la nature, provoquant l'inquiétude des organisations environnementales. La Commission européenne a ouvert mardi une consultation afin de déterminer s'il convient de modifier la directive Oiseaux de 1979 et la directive Habitats de 1992, deux textes emblématiques pour la biodiversité.

Une remise en question légitime selon la commissaire

La commissaire européenne à l'Environnement, Jessika Roswall, a justifié cette initiative : « La directive Oiseaux a presque 50 ans, et la directive Habitats plus de 30 ans. Il est légitime de se poser des questions. » Elle a précisé que l'objectif de la consultation est d'évaluer si des modifications sont nécessaires, tout en assurant qu'il n'y a « aucune intention de réduire le niveau d'ambition » en matière de protection de la biodiversité.

Les difficultés de classification des espèces

Un des points soulevés concerne le statut des espèces : certaines sont menacées d'extinction, d'autres ne le sont plus. « Il n'est pas toujours facile de modifier leur statut, que ce soit pour les reclasser à la hausse ou à la baisse. C'est un sujet », a souligné Roswall. L'UE souhaite également simplifier les obligations de collecte de données pour les États membres.

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Inquiétudes des ONG environnementales

Les organisations environnementales sont très préoccupées. Sabien Leemans du WWF a déploré « une très forte pression pour présenter les législations environnementales comme de la bureaucratie inutile freinant la compétitivité européenne ». Elle craint que Bruxelles n'affaiblisse ces règles pour favoriser l'exploitation minière, alors que l'Europe cherche à réduire sa dépendance aux minerais étrangers.

Ces deux lois ont permis la création du réseau Natura 2000. Ces zones protégées sont critiquées par les secteurs de la construction et de l'agriculture, qui jugent les contraintes européennes trop lourdes. En 2025, l'UE avait déjà modifié la directive Habitats pour assouplir le statut de protection des loups, passant de « strictement protégé » à « protégé », afin de permettre davantage d'abattages. Cette mesure avait été vivement dénoncée par les défenseurs de la biodiversité.

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