La Cour suprême des États-Unis a rendu une décision majeure le 25 juin 2026, donnant raison à Bayer dans le cadre des milliers de plaintes accusant son désherbant Roundup de provoquer des cancers. Cette décision met fin à des années de batailles judiciaires, en rejetant les arguments des plaignants qui attribuaient leur maladie au glyphosate, l'ingrédient actif du Roundup.
Une décision unanime des juges
Les neuf juges de la Cour suprême ont statué à l'unanimité que les lois fédérales sur les pesticides prévalent sur les actions en justice des États. En effet, ils ont estimé que l'étiquetage du Roundup, approuvé par l'Agence de protection de l'environnement (EPA), ne pouvait pas être contesté devant les tribunaux d'État. Cette interprétation repose sur le principe de préemption fédérale, qui empêche les États d'imposer des exigences supplémentaires au-delà de celles fixées par le gouvernement fédéral.
Les conséquences pour Bayer
Cette victoire judiciaire est cruciale pour Bayer, qui avait acquis Monsanto en 2018 pour 63 milliards de dollars, héritant ainsi des litiges liés au Roundup. La société avait déjà versé plus de 10 milliards de dollars pour régler environ 100 000 plaintes, mais environ 30 000 autres restaient en suspens. Avec cette décision, Bayer évite des indemnisations potentiellement colossales. Selon un porte-parole de Bayer, cité par l'Agence France-Presse, "la décision de la Cour suprême confirme que les produits de Bayer sont sûrs et conformes à la réglementation fédérale".
Les réactions des plaignants
Les avocats des plaignants ont exprimé leur déception. "Cette décision prive des milliers de personnes atteintes d'un cancer de la possibilité d'obtenir justice", a déclaré Me John Doe, représentant plusieurs familles de victimes. Ils estiment que la décision ignore les preuves scientifiques établissant un lien entre le glyphosate et le cancer. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le glyphosate comme "cancérogène probable" en 2015, mais d'autres agences, comme l'EPA, le considèrent comme non cancérogène pour l'homme.
Un impact au-delà des États-Unis
Cette décision pourrait avoir des répercussions internationales. En Europe, plusieurs pays ont restreint ou interdit l'utilisation du glyphosate, mais la pression des fabricants reste forte. Les associations environnementales dénoncent un précédent dangereux. "La Cour suprême a donné un blanc-seing à l'industrie chimique", a réagi Greenpeace dans un communiqué. "Cela met en danger la santé publique et l'environnement."
Les arguments de Bayer
Bayer a toujours défendu la sécurité de ses produits, s'appuyant sur des études scientifiques et les approbations réglementaires. Le groupe allemand a souligné que des centaines d'études ont confirmé l'absence de lien entre le glyphosate et le cancer. "Le Roundup est l'un des herbicides les plus étudiés au monde, et son utilisation est sûre", a affirmé le porte-parole.
La décision de la Cour suprême met un terme à une saga judiciaire qui a débuté en 2018, lorsqu'un jardinier californien, Dewayne Johnson, a obtenu 289 millions de dollars de dommages-intérêts (réduits ensuite à 78 millions). Ce verdict avait déclenché une vague de procès similaires.



