Le sort des orques Wikie et Keijo, captives au Marineland d'Antibes, suscite une vive émotion. Plusieurs associations de protection animale, dont Sea Shepherd et One Voice, lancent un appel urgent pour leur transfert vers un sanctuaire marin en Méditerranée. Selon les défenseurs des animaux, les deux cétacés souffrent de conditions de captivité indignes, dans un bassin trop petit et dépourvu de stimulation naturelle.
Des conditions de vie déplorables
Wikie, 22 ans, et Keijo, 15 ans, sont nés en captivité et n'ont jamais connu la liberté. Leur bassin, d'une capacité de 10 millions de litres, est jugé insuffisant pour des animaux pouvant parcourir des centaines de kilomètres par jour dans la nature. Les associations soulignent que les orques en captivité développent des problèmes de santé, notamment des déformations dorsales et des troubles comportementaux. « Ces animaux sont privés de tout ce qui fait leur essence : l'espace, la vie en groupe, la chasse », dénonce Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.
Un sanctuaire en projet
Un projet de sanctuaire marin, porté par la Fondation Brigitte Bardot et d'autres organisations, vise à accueillir les orques dans une zone protégée au large de la Corse ou de la Sardaigne. Ce sanctuaire offrirait un espace de 50 hectares, avec des eaux profondes et des conditions proches de la vie sauvage. Le coût estimé du projet est de 15 millions d'euros, financé par des dons et des fonds publics. Cependant, le transfert nécessite l'autorisation du ministère de la Transition écologique, qui n'a pas encore statué.
Un précédent encourageant
En 2023, deux dauphins du Marineland ont été relâchés avec succès dans un sanctuaire au large de la Grèce, démontrant la faisabilité de telles opérations. Les associations espèrent que cette expérience servira de modèle pour Wikie et Keijo. « Nous avons prouvé que les cétacés peuvent s'adapter à un environnement semi-naturel, même après des années de captivité », affirme Muriel Arnal, présidente de One Voice.
L'opposition du Marineland
Le Marineland d'Antibes, qui détient les orques, refuse catégoriquement leur transfert. La direction argue que les animaux sont en bonne santé et que le parc respecte les normes en vigueur. « Nos orques sont suivies par des vétérinaires et bénéficient de soins de qualité », déclare un porte-parole. Mais les associations dénoncent un conflit d'intérêts : le parc continue de programmer des spectacles avec les animaux, générant des revenus importants. Selon les chiffres de 2022, Marineland a accueilli 1,2 million de visiteurs, avec un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros.
Un enjeu éthique et juridique
Au-delà du bien-être animal, cette affaire soulève des questions juridiques. La loi française de 2021 contre la maltraitance animale interdit la détention de cétacés dans des bassins, mais une dérogation existe pour les parcs existants. Les associations demandent l'application stricte de la loi et le classement des orques comme « espèces protégées », ce qui faciliterait leur transfert. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 300 000 signatures.
Un appel à la mobilisation
Les associations appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités. « Il est temps de mettre fin à cette souffrance. Wikie et Keijo méritent une retraite digne dans un sanctuaire », insiste Lamya Essemlali. Une manifestation est prévue le 15 juillet devant le ministère de la Transition écologique à Paris. Les défenseurs des animaux espèrent que la pression citoyenne forcera une décision favorable.



