Un marché public de 14,6 millions d'euros pour l'exploitation de la station d'épuration de Cagnes-sur-Mer
Le syndicat mixte fermé de la station d'épuration de Cagnes-sur-Mer (SYMISCA) vient de lancer un appel d'offres d'une valeur estimée à 14,6 millions d'euros pour l'exploitation de la station d'épuration Aéris. Ce contrat, d'une durée de quatre ans, représente un enjeu majeur pour la gestion des eaux usées sur la Côte d'Azur. Les entreprises spécialisées dans le traitement de l'eau ont jusqu'au 30 avril 2026 pour soumettre leurs candidatures.
Une infrastructure stratégique gérée par la Métropole Nice Côte d'Azur
Actuellement exploitée par Veolia, la station d'épuration de Cagnes-sur-Mer est placée sous la responsabilité de la Métropole Nice Côte d'Azur pour le compte du SYMISCA. Cette structure regroupe plusieurs collectivités locales, notamment la commune de Cagnes-sur-Mer, Villeneuve-Loubet, La Colle-sur-Loup et Saint-Paul-de-Vence. L'infrastructure affiche une capacité de traitement équivalente à 160 000 habitants et doit gérer un débit journalier impressionnant de 31 500 mètres cubes.
Des exigences renforcées après l'incendie de 2023
En septembre 2023, un incendie a gravement endommagé l'armoire électrique des prétraitements et de la désodorisation, avec des conséquences directes sur l'exploitation en 2024. Le niveau de teneur en matière sèche des boues a chuté à 52%, bien en dessous des 60% minimum exigés par le contrat. Pour prévenir toute nuisance olfactive future, le cahier des charges impose désormais des mesures strictes, dont une pénalité de 5 000 euros en cas d'ouverture non justifiée d'une porte de local technique provoquant des odeurs vers l'extérieur.
Innovations et contrôles renforcés
Le futur opérateur devra mettre en place plusieurs dispositifs innovants, dont la création d'un jury de nez composé de riverains volontaires formés pour effectuer des relevés olfactifs réguliers autour du site. Un numéro de téléphone d'urgence dédié aux plaintes de voisinage sera également obligatoire. Par ailleurs, l'exploitant pilotera un laboratoire de recherche intégré chargé de traquer et traiter les micropolluants dans l'eau, avec des comptes rendus trimestriels obligatoires.
Adaptation aux évolutions du territoire
L'entretien de l'émissaire sous-marin nécessitera des plongées de contrôle tous les deux ans. À partir de 2029, avec la mise en service progressive de la méga station niçoise Haliotis 2 exploitée par Suez, les boues d'épuration de Saint-Laurent-du-Var ne seront plus traitées à Cagnes-sur-Mer. Cette modification entraînera une adaptation de la charge de travail et des volumes de gaz produits, puisque l'usine fabrique du biométhane directement réinjecté dans le réseau.
Calendrier de transition
Le transfert effectif des clés de la station au nouvel exploitant est programmé pour le 18 novembre 2026. Cette passation sera précédée par une phase de préparation opérationnelle dès le mois d'octobre 2026, permettant une transition en douceur entre les différents opérateurs. Ce marché public représente donc un tournant important pour la gestion durable des eaux usées dans la région.



