Médicaments : 1 Français sur 10 les jette encore à la poubelle
Médicaments : 1 Français sur 10 les jette à la poubelle

Selon Cyclamed, l'organisme chargé de la collecte des médicaments non utilisés, un Français sur dix persiste à jeter ses médicaments périmés ou non consommés à la poubelle plutôt que de les rapporter en pharmacie. Ce comportement perdure malgré une amélioration globale des pratiques et une connaissance accrue des enjeux environnementaux et sanitaires.

Une collecte en hausse, mais encore des efforts à faire

Le taux de collecte a progressé pour atteindre 83 % en 2025, contre 77 % en 2024 et 71 % en 2023. « Alors que la vente des médicaments poursuit sa baisse (-1 % par an depuis 20 ans), les Français adoptent une démarche toujours plus responsable », souligne Cyclamed dans son bilan annuel.

Concrètement, plus de 8 200 tonnes de médicaments non consommés ont été récupérées en 2025, soit environ deux boîtes par habitant. Toutefois, ce chiffre reste loin des 42 boîtes vendues chaque année en moyenne en France, indiquant qu'une grande partie des médicaments demeure stockée dans les foyers. Des disparités territoriales existent : les régions urbaines, les zones isolées et l'Outre-mer se situent « en dessous de la moyenne nationale », note Cyclamed.

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Une part importante de médicaments encore utilisables

Autre constat marquant : une part importante des médicaments collectés n'est pas périmée. Selon une étude menée par l'Assurance maladie et l'ANSM, en partenariat avec Cyclamed, 4 boîtes sur 10 rapportées peuvent encore être utilisées. L'organisme évoque « la marge de progression possible, sur les conditionnements notamment, afin de réduire la destruction de produits encore utilisables ».

Un coût important pour la collectivité

Sans surprise, les médicaments les plus souvent rapportés sont aussi les plus prescrits : antalgiques, laxatifs, antibiotiques, inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et produits ophtalmiques. Ces traitements courants sont souvent conservés « au cas où » dans les armoires à pharmacie.

Selon des évaluations économiques, l'Assurance maladie supporte une facture annuelle estimée à 517 millions d'euros pour des médicaments finalement non utilisés. Le dispositif de collecte, lui, est bien en place : les pharmacies mettent à disposition des réceptacles en carton, récupérés ensuite par les grossistes lors de leurs tournées. Une fois collectés, les médicaments sont acheminés vers des unités de valorisation énergétique où ils sont incinérés, permettant de produire de la chaleur et de l'électricité pour des milliers de logements chaque année.

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