Vague de chaleur précoce : impacts durables sur l'environnement expliqués
Vague de chaleur : impacts durables sur l'environnement

Publicité « Un épisode court peut laisser des traces durables » : un expert sur le climat nous explique les risques liés à la vague de chaleur sur l’environnement

Antoine Nicault, coordinateur général du Groupe régional d’experts sur le climat en région Sud, nous explique l’impact que cette vague de chaleur précoce peut avoir sur l’environnement. Alors que les températures grimpent déjà en mai, les conséquences sur la nature et les cultures pourraient être significatives.

Un impact immédiat sur la nature

« Oui, il y a forcément un impact, affirme Antoine Nicault. Tout dépend de l’intensité et de la durée de l’épisode, mais des températures élevées entraînent déjà un dessèchement des sols. On observe beaucoup d’évapotranspiration, ce qui accélère la sécheresse. Certaines plantes peuvent se mettre en dormance, mais d’autres n’ont pas les capacités de défense nécessaires et continuent à perdre de l’eau. Cela peut aller jusqu’à des phénomènes de dessiccation, avec des branches mortes ou une mortalité partielle des végétaux. »

Des traces durables même après un épisode court

« Un épisode court mais intense peut laisser des traces durables, surtout s’il n’y a pas de pluie ensuite, prévient l’expert. Notamment sur les sols mais aussi sur les végétaux les plus jeunes ou les moins adaptés qui sont particulièrement vulnérables. Et si l’épisode dure une semaine ou dix jours, cela devient significatif à cette période de l’année où les journées sont plus longues. Les vagues de chaleur précoces, en mai-juin, ont particulièrement d’effets car elles touchent des végétaux en pleine croissance et des cultures proches de la récolte. En septembre, les impacts sont souvent moindres car la végétation est déjà en phase de repos. »

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Conséquences sur les cultures

« Par exemple, pour le blé, au-delà de certaines températures, la formation du grain se fait moins bien, explique Antoine Nicault. Les grains sont alors moins nutritifs et donc moins intéressants à la vente et à l’utilisation. » Cela pourrait entraîner des pertes économiques pour les agriculteurs et une baisse de la qualité des récoltes.

Une nouvelle norme climatique

« Ces épisodes deviennent-ils une nouvelle norme ? Ils tendent même à devenir plus extrêmes et plus précoces dans un monde plus chaud, répond l’expert. Depuis les années 1960, la température moyenne a déjà augmenté d’environ 2,3 degrés. Cela intensifie les phénomènes de chaleur et de précipitations. Tant que les températures ne se stabilisent pas, ces épisodes continueront à se multiplier et à s’intensifier. »

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