Une troisième vague de chaleur a débuté ce lundi 6 juillet 2026 en France, s'étalant jusqu'en fin de semaine. Seize départements de l'ouest et du sud sont placés en vigilance orange, mais le Var et les Alpes-Maritimes restent pour l'instant en jaune, bien que les températures y soient déjà élevées et au-dessus des normales saisonnières.
Pic attendu ce mercredi 8 juillet
Dans le Var, le thermomètre grimpera davantage à l'ouest, à la frontière avec les Bouches-du-Rhône, où les maximales atteindront 38 à 41 °C avec un pic mercredi. À Toulon, les températures oscilleront entre 31 et 33 °C jusqu'à vendredi, et quelques degrés de plus dans l'Est-Var. Les Alpes-Maritimes seront légèrement plus épargnées : les maximales seront comprises entre 34 et 37 °C dans l'arrière-pays, et entre 29 et 31 °C à Nice. Le littoral connaîtra surtout des nuits tropicales, avec des minimales ne descendant pas en dessous de 20 °C, oscillant entre 22 et 26 °C sur les régions méditerranéennes, selon Météo-France.
Des canicules à répétition, marqueur du changement climatique
Météo-France explique que "depuis le mois de mai, les situations anticycloniques se succèdent sur l'ouest de l'Europe, avec des blocages qui ont tendance à se former et se renforcer à proximité immédiate de notre pays". En conséquence, "de longues périodes de temps calme, ensoleillé et de plus en plus chaud reviennent de façon récurrente". Les climatologues soulignent que ces canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.
Des scientifiques réclament une "loi d'urgence climatique"
Plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, ont publié une tribune dans le journal Le Monde réclamant "une loi d'urgence climatique", face à ce qu'ils qualifient d'"emprise de l'industrie fossile". "Nous sommes collectivement traumatisés par les dix jours de canicule dont nous sortons", écrivent les auteurs, parmi lesquels les climatologues Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmotte et le paléoclimatologue Jean Jouzel.
Motion de censure et tensions politiques
Cette hausse des températures devrait faire monter la fièvre sur le plan politique, d'autant qu'une motion de censure déposée par le groupe écologiste à l'Assemblée nationale est examinée ce lundi. Elle vise le gouvernement de Sébastien Lecornu, accusé par les députés écologistes d'avoir "aggravé" les "vulnérabilités du pays" face au changement climatique et aux épisodes caniculaires. Le Premier ministre a répondu ce dimanche en annonçant l'inscription au Sénat d'une proposition de loi sur l'adaptation au changement climatique, mais sans accéder à la demande de hausse du Fonds vert, selon un courrier consulté par l'AFP. Des critiques virulentes étaient déjà apparues durant la canicule de juin, l'opposition accusant le gouvernement d'avoir été trop lent à déployer les investissements nécessaires à l'adaptation, notamment à l'école ou dans les hôpitaux. Le gouvernement a de son côté mis en avant son bilan, notamment la création du Fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales destinés à accélérer la transition écologique, mais dont les dotations ont été lentement réduites.



