Satellites à la rescousse pour surveiller les émissions de méthane
Satellites à la rescousse pour surveiller le méthane

Les satellites jouent un rôle de plus en plus important dans la détection des émissions de méthane, un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO2 sur 20 ans. Grâce à des technologies avancées, ils peuvent identifier les fuites provenant de l'industrie pétrolière et gazière, des décharges ou de l'agriculture, permettant ainsi de cibler les actions de réduction.

Une technologie en plein essor

Plusieurs constellations de satellites, comme celles de la société GHGSat ou le programme européen Copernicus, sont désormais opérationnelles. GHGSat, par exemple, a lancé plusieurs nanosatellites capables de détecter des fuites de méthane avec une résolution de 25 mètres. En 2021, l'un de ses satellites a repéré une fuite majeure en provenance d'un pipeline en Russie, émettant 10 tonnes de méthane par heure.

Un enjeu climatique majeur

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les émissions de méthane du secteur énergétique pourraient être réduites de 75 % d'ici 2030 grâce à des technologies existantes, dont la surveillance satellitaire. Le méthane a un potentiel de réchauffement global élevé, mais sa durée de vie dans l'atmosphère est plus courte que celle du CO2, ce qui signifie que des réductions rapides peuvent avoir un impact significatif sur le réchauffement à court terme.

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Thomas Lauvaux, chercheur au CNRS, explique : « Les satellites nous offrent une vision globale et continue des émissions, ce qui était impossible auparavant. Nous pouvons désormais identifier les sources ponctuelles et quantifier les flux, ce qui est essentiel pour vérifier les engagements des États et des entreprises. »

Des applications concrètes

Les données satellitaires sont déjà utilisées par des organisations comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) pour suivre les engagements des compagnies pétrolières. En 2022, une étude basée sur des images de la mission TROPOMI du satellite Sentinel-5P a montré que les émissions de méthane de la région du bassin permien, aux États-Unis, étaient 60 % plus élevées que les estimations officielles.

Les satellites permettent également de surveiller les décharges, qui représentent environ 20 % des émissions anthropiques de méthane. Au Brésil, des images satellites ont révélé que plusieurs grandes décharges émettent des quantités importantes de gaz, incitant les autorités à prendre des mesures.

Défis et perspectives

Malgré ces avancées, des défis subsistent. La couverture spatiale et temporelle reste limitée, et les algorithmes de détection doivent encore être améliorés pour distinguer les sources naturelles des sources anthropiques. De plus, le coût des données peut être un obstacle pour certains pays en développement.

Néanmoins, l'initiative internationale MethaneSAT, lancée par l'Environmental Defense Fund, prévoit de lancer un satellite en 2024 avec une sensibilité accrue pour détecter même les petites fuites. Selon l'organisation, cet outil pourrait permettre de réduire les émissions de méthane de 45 % d'ici 2025.

En conclusion, les satellites deviennent un allié indispensable dans la lutte contre le changement climatique, en offrant une transparence sans précédent sur les émissions de méthane. Leur utilisation croissante devrait accélérer les actions de réduction et aider à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.

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