Canicule : pourquoi le seuil d'alerte varie selon les départements ?
Pourquoi le seuil d'alerte canicule varie selon les départements ?

En plein épisode caniculaire inédit pour un mois de mai en France, plusieurs départements ont été placés en vigilance orange. Mais ce ne sont pas forcément les endroits où il fait le plus chaud. Pourquoi le Finistère passe-t-il en orange à 29 °C quand il faut 38 °C dans les Bouches-du-Rhône pour déclencher la même alerte ? 20 Minutes fait le point.

Qu'est-ce que la vigilance canicule ?

Le système de vigilance de Météo-France intègre le phénomène de canicule depuis 2004, conséquence de la canicule de 2003. Après cet événement, qui a causé la mort de 14 800 personnes, soit une surmortalité de 60 % par rapport à une année normale, les autorités sanitaires ont créé le Plan national canicule et un nouveau système d'alerte, conçu par Météo-France et Santé publique France, pour anticiper ces vagues de chaleur et leurs conséquences sanitaires.

Le niveau de danger de chaque vague de chaleur est signalé à l'aide de quatre couleurs : vert, jaune, orange et rouge. Vert signifie qu'il n'y a pas de vigilance particulière. Jaune correspond à un pic de chaleur, c'est-à-dire une exposition de courte durée (un ou deux jours) à une chaleur intense présentant un risque pour les populations fragiles ou surexposées (conditions de travail ou activité physique). Il peut aussi correspondre à un épisode persistant de chaleur de plus de trois jours.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

C'est le niveau orange qui correspond à une canicule, définie comme une période de chaleur intense pendant au moins trois jours et trois nuits consécutifs, susceptible de constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée. Quand la couleur est rouge, c'est un niveau de canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité et son extension géographique, avec un fort impact sanitaire et sociétal (sécheresse, approvisionnement en eau potable, arrêt de certaines activités).

Comment détermine-t-on le niveau d'alerte par département ?

Les impacts sur la population ne sont pas les mêmes partout. Un habitant de la Côte d'Azur, habitué à des étés très chauds, supporte physiologiquement mieux une montée à 38 °C qu'un Breton, dont le corps n'a pas appris de la même manière à réguler sa température face à une telle chaleur. La même température ne représente donc pas le même danger selon l'endroit où l'on vit. Ainsi, les critères d'alerte de Météo-France et Santé publique France tiennent compte de la sensibilité locale à la canicule, en s'appuyant sur les événements passés, les conséquences observées et le niveau d'acclimatation du département.

Un indicateur IBM (indice biométéorologique) a été établi pour évaluer le niveau d'alerte canicule en fonction des départements. Ce dernier a été conçu grâce à des études épidémiologiques, en considérant les températures minimales et maximales en moyenne sur trois jours. Pour estimer le niveau de vigilance, les prévisionnistes analysent les prévisions météo avec ces IBM. Chaque département, par station de référence, a un seuil d'alerte. Dans le Vaucluse, c'est 36 °C en journée et 21 °C la nuit, tandis que dans la Manche, c'est 31 °C en journée et 18 °C la nuit.

Cependant, ces seuils ne permettent pas à eux seuls d'établir la couleur de la vigilance. La durée et la précocité de la vague de chaleur, un pic de chaleur très intense, la pollution, l'humidité sont aussi des facteurs qui entrent en jeu. Les événements sportifs ou culturels en extérieur de grande ampleur, les jours de grands départs en vacances, l'état de charge du système de soins, ou le caractère inhabituel de la vague de chaleur sont également pris en compte par les prévisionnistes, rappelle Météo-France.

Ces indicateurs peuvent évoluer, comme ce fut le cas à Marseille en 2009, souligne Santé publique France. Les organismes ont tenu compte du nombre important d'alertes générées entre 2004 et 2009, du faible impact visible sur les données sanitaires, et de l'hypothèse que la ville est mieux adaptée à la chaleur.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale