EcoloObs • Hors cadre. Mélusine Boon-Falleur, la chercheuse qui « repense les règles du jeu politique » pour lutter contre la crise climatique. Portrait d'une docteure en sciences cognitives au centre de recherche sur les inégalités sociales de Sciences-Po, qui explore les racines de nos échecs sur le terrain de la crise climatique et prône l'action à échelle humaine. Un portrait hors cadre signé Elsa Vigoureux, publié le 20 juin 2026 à 15h30. Lecture : 5 minutes.
La chercheuse Mélusine Boon-Falleur ne se dit pas « militante » et veut sortir de la vision de l’écologie « soit donneuse de leçons, soit pas assez radicale ». Par un après-midi de mai où il fait 34 °C, la capitale suffoque, les gens se traînent sur les trottoirs. Ces circonstances caniculaires plantent le décor de ce rendez-vous avec Mélusine Boon-Falleur, autrice du livre « Les pingouins ne sauveront pas la banquise » (Editions JC Lattès), dont le sujet est notre capacité à limiter la crise écologique.
Dans la salle fraîche de l’hôtel Grand Amour, à deux pas des Grands Boulevards parisiens, on commande deux citronnades pour faire face au réchauffement climatique. Bientôt maman, la jeune femme diplômée de l’École normale supérieure, chercheuse à Sciences Po, enseignante à l’ENS et à HEC, décortique avec passion et humour les mécanismes de notre inaction face à cette catastrophe : « On le sait, la vie sur Terre est en danger. » Nous avons tous peur, mais nous ne faisons (presque) rien, jamais assez.
Quand tout à coup l’air manque, on panique, on convoque un conseil des ministres en urgence, on organise un plan de résilience. On réagit, certes. Mais on se le répète aussi : c’était prévisible. Et le vent souffle à nouveau, ramenant chacun à sa petite routine, en attendant le prochain épisode. Cet article est réservé aux abonnés.



