Un cap symbolique franchi
Pour la première fois, les pays développés ont dépassé leur engagement de fournir 100 milliards de dollars par an pour le financement climatique des nations en développement. Selon un rapport de l'OCDE publié ce jeudi, le montant total a atteint 112 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 12 % par rapport à l'année précédente.
Cet objectif, fixé lors de la conférence de Copenhague en 2009 et réitéré à l'Accord de Paris, devait initialement être atteint en 2020. Mais il avait été repoussé à 2025 en raison des retards accumulés. Les données de l'OCDE montrent que les flux financiers publics et privés ont progressé de manière significative, portés par des efforts accrus de l'Union européenne, des États-Unis et du Japon.
Répartition des contributions
Les financements publics ont représenté 78 milliards de dollars, tandis que le secteur privé a contribué à hauteur de 34 milliards. Les prêts concessionnels et les dons ont constitué la majorité des fonds publics. L'Union européenne a été le plus grand contributeur, avec 28 milliards, suivie des États-Unis (18 milliards) et du Japon (15 milliards).
Les fonds sont destinés à aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s'adapter aux impacts du changement climatique. Une partie croissante est allouée à l'adaptation, qui représente désormais 30 % du total, contre 25 % en 2024.
Réactions et perspectives
Les ONG environnementales ont salué cette avancée, mais soulignent que les besoins réels sont bien plus élevés. Selon la Banque mondiale, les pays en développement auront besoin de 2 000 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour faire face au changement climatique. Les pays développés sont désormais sous pression pour fixer un nouvel objectif plus ambitieux lors de la COP29 en Azerbaïdjan.
Le secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann, a déclaré : "Ce dépassement est une bonne nouvelle, mais il ne doit pas masquer l'urgence d'accélérer les efforts. Les pays développés doivent continuer à mobiliser des financements supplémentaires et à améliorer la transparence des flux."
En France, le ministre de la Transition écologique a salué cette performance, tout en rappelant que la France a augmenté sa contribution de 15 % en 2025. Il a appelé à une mobilisation renforcée du secteur privé et à une meilleure coordination internationale.



