Climatodénialisme : le climatoscepticisme en pire selon un sociologue
Climatodénialisme : le climatoscepticisme en pire

Alors qu'une nouvelle vague de chaleur touche la France, peu après un épisode similaire fin mai 2026, le sociologue Albin Wagener décrypte auprès du « Nouvel Obs » la montée du climatoscepticisme et ses mécanismes dans le débat public.

Un phénomène en amplification

« Plus les effets du changement climatique se font sentir, plus on rejette ceux qui les décrivent », explique Albin Wagener. Ce phénomène, qu'il nomme « climatodénialisme », va au-delà du simple scepticisme : il s'agit d'un rejet actif des faits scientifiques et de ceux qui les communiquent.

En mai dernier, alors que la France affrontait son printemps le plus chaud jamais enregistré « depuis le début des mesures en 1900 » selon Météo France, les discours climatosceptiques continuaient de gagner du terrain. « 30 degrés pour un mois de mai, ce n'est pas une chaleur exceptionnelle », entendait-on notamment sur CNews de la bouche de Pascal Praud, le 27 mai.

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Harcèlement en ligne des scientifiques

« Les scientifiques se font insulter sur les réseaux sociaux à cause de cet effet amplificateur de Pascal Praud », dénonçait auprès du « Nouvel Obs » l'agroclimatologue Serge Zaka, qui est régulièrement – comme d'autres qui alertent sur le réchauffement climatique – la cible de harcèlement en ligne.

Ce climatodénialisme s'inscrit dans un contexte plus large de défiance envers les institutions et les experts. Albin Wagener souligne que « plus la réalité du changement climatique devient tangible, plus certains préfèrent attaquer les messagers plutôt que de faire face à l'urgence ». Cette stratégie de déni collectif, selon lui, est alimentée par des médias et des figures publiques qui minimisent ou nient les faits climatiques.

Les mécanismes du déni

Le sociologue identifie plusieurs mécanismes à l'œuvre : la désinformation organisée, la polarisation des débats, et la recherche de boucs émissaires. « On assiste à une radicalisation des positions, où le simple fait de parler de réchauffement climatique devient un acte politique », ajoute-t-il.

Face à cette situation, Albin Wagener appelle à une meilleure éducation aux médias et à une régulation plus stricte des discours climatosceptiques dans l'espace public. « Il ne s'agit pas de censure, mais de protéger le débat démocratique contre des stratégies de déni qui mettent en danger notre avenir collectif », conclut-il.

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