Dans une tribune publiée par Libération, la romancière Jakuta Alikavazovic tire la sonnette d'alarme : la canicule n'est plus un phénomène exceptionnel, mais une réalité quotidienne qui s'impose à nous. « La quatrième dimension, c'est maintenant », écrit-elle, faisant référence à la fois à l'urgence climatique et à la nécessité de changer notre perception du temps.
Un constat sans appel
L'autrice, qui a grandi dans une région méditerranéenne, souligne que les épisodes de chaleur extrême se multiplient et s'intensifient. Selon Météo-France, les vagues de chaleur ont été multipliées par deux en France depuis les années 2000. Alikavazovic rappelle que la canicule de 2003 a causé près de 15 000 décès supplémentaires dans le pays, un chiffre qui pourrait être dépassé si rien n'est fait.
« Nous vivons dans un état d'urgence permanent, mais nous refusons de le voir », déplore-t-elle. La romancière critique l'inaction politique et la tendance à considérer la canicule comme un simple désagrément saisonnier.
Une dimension oubliée : le temps long
Alikavazovic propose une réflexion sur le temps : « La quatrième dimension, c'est le temps, et nous l'avons oublié. » Elle invite à penser au-delà du court terme, à envisager les conséquences de nos actions sur plusieurs générations. Pour elle, la canicule est un symptôme de notre incapacité à habiter le présent tout en projetant l'avenir.
L'écrivaine s'appuie sur des données scientifiques : le Giec estime que les vagues de chaleur pourraient devenir annuelles en Europe d'ici 2050 si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites drastiquement. « Chaque demi-degré compte », insiste-t-elle.
Des solutions collectives
Plutôt que de céder au fatalisme, Alikavazovic appelle à une mobilisation collective. Elle cite des initiatives comme la végétalisation des villes ou la création de réseaux de solidarité pour les personnes vulnérables. « Il ne s'agit pas seulement de climatisation individuelle, mais de transformer nos modes de vie », écrit-elle.
Elle souligne également l'importance de l'adaptation : « Nous devons repenser l'architecture, les horaires de travail, les systèmes de santé. » Selon elle, la canicule est une opportunité pour réinventer la société.
Un appel à la responsabilité
La tribune se conclut sur une note d'espoir : « Nous avons les outils, il nous manque la volonté politique. » Alikavazovic exhorte les citoyens à exiger des mesures concrètes de la part des gouvernements. « La quatrième dimension, c'est maintenant. Agissons avant qu'il ne soit trop tard. »



