Un cran est franchi dans l'épisode de forte chaleur qui sévit depuis ce week-end. Huit départements, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, sont placés, ce mardi 25 mai, en vigilance orange par Météo-France. La vigilance jaune continue de s'appliquer dans 20 autres départements : correspondant à un « pic de chaleur inhabituel », elle appelle à veiller à la santé des plus fragiles. La vigilance orange, elle, désigne une canicule, soit trois jours et nuits consécutifs de températures anormalement élevées, et étend les risques sanitaires à tous les habitants.
Une première en mai
C'est la première fois qu'une vigilance orange canicule, dispositif créé en 2004, est activée en France dès le mois de mai. Ce devrait être un choc, c'est presque une non-surprise. Les vagues de chaleur se succèdent, une étrange routine de la catastrophe s'installe. Consignes, ruée sur les ventilateurs et les climatiseurs… Il est à craindre que cet épisode, quand il sera terminé, sera oublié sans avoir fait bouger les lignes.
Le lien avec le réchauffement climatique
Il n'est pourtant pas dû à la « fatalité », ou pas seulement. Les scientifiques mettent en avant le lien avec le réchauffement climatique, le produit de nos activités humaines, qui n'est pas l'unique cause de ces pics de chaleur mais les rend beaucoup plus fréquents, intenses et précoces. Qu'une masse d'air chaud remonte sur la France depuis l'Afrique du Nord, ce n'est pas nouveau. Le problème, c'est que l'air est de plus en plus chaud.
Le pays suffoque, les alertes s'accélèrent depuis des années, et, dans le même temps, notre action contre le dérèglement climatique patine. Au niveau mondial, les reculs se multiplient. En France, des outils efficaces contre les émissions de gaz à effet de serre sont cloués au pilori, victimes de polémiques court-termistes où il est rarement question de climat. Haro sur les éoliennes, sur l'objectif zéro artificialisation, sur les zones à faibles émissions (ZFE)… Ces dispositifs, certes imparfaits, mériteraient un meilleur accompagnement. Mais ils sont devenus la cible d'oppositions systématiques, de campagnes conduites au nom d'un prétendu « bon sens » qui prépare le pire.
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », disait Jacques Chirac en 2002 dans une phrase restée dans les mémoires. Nous ne regardons plus ailleurs. Les périls du réchauffement sont connus, documentés, médiatisés, nous avons commencé de les éprouver. Nous savons, mais nous n'agissons pas en conséquence, et la maison brûle plus que jamais.



