Cyclone Gezani à Madagascar : au moins 20 morts et Toamasina dévastée
Cyclone Gezani : 20 morts à Madagascar, Toamasina ravagée

Cyclone Gezani : un bilan dramatique à Madagascar

Le passage dévastateur du cyclone Gezani à Madagascar a laissé derrière lui un lourd tribut humain et matériel. Selon le dernier bilan officiel du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC), au moins vingt personnes ont perdu la vie et trente-trois autres ont été gravement blessées. Les rafales de vent, atteignant des pointes de 250 kilomètres par heure, ont frappé de plein fouet la deuxième ville du pays, Toamasina, provoquant des dégâts considérables.

Toamasina, une ville défigurée

Cette ville côtière verdoyante, également connue sous son ancien nom colonial de Tamatave, apparaît méconnaissable sur les images diffusées par les autorités. Les rues sont littéralement jonchées de centaines d'arbres arrachés par la violence des vents. Une vidéo aérienne partagée par le BNGRC révèle l'étendue des destructions : des toits de tôle éventrés à perte de vue et les majestueux palmiers de l'avenue de l'Indépendance renversés comme de simples allumettes.

Le port de Toamasina a été particulièrement touché, avec quinze personnes toujours portées disparues dans cette zone stratégique. Les opérations de recherche et de secours se poursuivent dans des conditions extrêmement difficiles.

Une situation décrite comme "chaotique"

Rija Randrianarisoa, responsable régional de l'ONG Action contre la Faim, a décrit à l'AFP une situation apocalyptique : "C'est le chaos total, 90% des toits des maisons se sont envolés, tout ou en partie. Les routes sont totalement inaccessibles, du fait des arbres au sol, des tôles. Les voitures ne peuvent pas circuler."

Le Centre météorologique régional spécialisé cyclones (CMRS) de l'île française de La Réunion a qualifié cet événement de "l'un des impacts directs les plus intenses de l'ère satellitaire sur le secteur de Tamatave", le comparant probablement au cyclone Geralda qui avait frappé la région par le passé.

Les secours s'organisent dans l'urgence

Si les liaisons commerciales avec l'aéroport de Toamasina sont temporairement suspendues, les autorités aéroportuaires ont indiqué que les vols humanitaires et militaires restaient autorisés. Cette mesure cruciale permet l'acheminement des premiers secours et du matériel d'urgence vers les zones sinistrées.

La dépression, bien qu'affaiblie après avoir touché terre, continue de traverser l'île d'est en ouest. Même rétrogradée au stade de tempête tropicale, elle engendre toujours des risques majeurs d'inondations, particulièrement préoccupants dans les régions déjà fragilisées.

Une menace persistante pour la région

Le cyclone Gezani, qui avait déjà causé au moins 200 morts et 500.000 sinistrés en février 1994, pourrait regagner en intensité en rejoignant le canal du Mozambique. Selon les prévisions du CMRS, il pourrait alors retrouver le stade de cyclone tropical et frapper à partir de vendredi soir le sud du Mozambique.

Cette perspective inquiète particulièrement les autorités mozambicaines, car cette région a déjà subi d'impressionnantes inondations depuis le début de l'année. La double menace des vents violents et des précipitations torrentielles pourrait aggraver une situation humanitaire déjà précaire dans cette partie de l'Afrique australe.

Les équipes de secours à Madagascar font face à des défis logistiques considérables pour atteindre les populations affectées, tandis que la communauté internationale commence à se mobiliser pour apporter son soutien face à cette catastrophe naturelle d'ampleur exceptionnelle.