Une retenue collinaire de 170 000 m³ menace la station de Courchevel
Construite en 2022 pour les Championnats du monde de ski alpin 2023, la retenue collinaire de La Loze, d'une capacité de 170 000 m³, s'est transformée en une véritable épée de Damoclès pour la station de Courchevel, en Savoie. Cette réserve d'eau, destinée à alimenter en neige artificielle la nouvelle piste de l'Éclipse, a coûté 5,7 millions d'euros. Cependant, dès son remplissage, des déformations anormalement importantes de la digue ont été enregistrées, suscitant l'inquiétude de la Société des Trois Vallées (S3V), gestionnaire du domaine skiable.
Des analyses révèlent un danger imminent
La S3V a mandaté l'entreprise d'ingénierie Artelia pour analyser la stabilité de la structure, perchée à près de 2 300 mètres d'altitude au col de la Loze, rendu célèbre par le Tour de France. Les conclusions d'Artelia, révélées par Le Monde, mettent en lumière la dangerosité de la retenue. En cas de rupture, une lave torrentielle destructrice menacerait 90 chalets et 8 hôtels du hameau de la Tania. La digue s'affaisse de 15 centimètres par an, selon Artelia. Face à cette situation, la préfecture de la Savoie a ordonné la vidange progressive de la retenue. Aujourd'hui, elle ne contient plus que 25 000 m³ d'eau.
La fonte d'un glacier rocheux en cause
Cette déstabilisation est due à la fonte du glacier rocheux sur lequel repose la retenue. Situé à 7 mètres de profondeur, cet amas de glace millénaire cimentant les roches n'avait pas été détecté lors de la construction. Plus que le réchauffement climatique, c'est la présence de cette nouvelle masse d'eau qui a entraîné une hausse des températures du sol, accélérant la fonte du glacier.
Des solutions en vue pour les JO 2030
La situation est sous contrôle, selon le gestionnaire des remontées de Courchevel. La digue sera reconstruite en 2027 avec un tracé qui évitera le glacier rocheux. Le maire Jean-Yves Pachod se veut rassurant : « Il n'y a rien à craindre pour les JO 2030 », alors que Courchevel est en lice pour devenir site olympique. En attendant, la vidange se poursuit pour éviter tout risque.



